Les auto-entrepreneurs du BTP : les chiffres clés 2026
Cette page rassemble une base de données chiffrée sur les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics en France, à jour 2026. Le terme « auto-entrepreneur » désigne le même statut que « micro-entrepreneur » (renommé en 2016) : les deux mots sont employés par l’URSSAF et l’INSEE. Chaque statistique est datée et reliée à sa source officielle : URSSAF, INSEE, et, pour l’assurance, le courtier Coover (donnée privée, signalée comme telle). Vous y trouverez les effectifs du micro dans le BTP, le poids du statut dans les créations d’entreprises, le chiffre d’affaires et les revenus, la pérennité réelle de ces structures, puis leur couverture en assurance décennale. Journalistes, blogueurs et comparateurs sont invités à citer ces chiffres avec un lien vers cette page.
Méthodologie
Chaque chiffre publié ici provient d’une source officielle (URSSAF, INSEE) ou est explicitement attribué à son auteur lorsqu’il émane d’un acteur privé. Les liens externes pointent directement vers la donnée d’origine (étude, base statistique, communiqué). La dernière mise à jour de cette page date de juin 2026. Trois précautions de lecture s’imposent dans ce dossier. D’abord, il faut distinguer l’auto-entrepreneur « administrativement actif » (immatriculé) de celui qui est « économiquement actif » (déclare un chiffre d’affaires) : seule la moitié environ déclare un CA. Ensuite, le chiffre d’affaires n’est pas le revenu net : ce dernier est bien inférieur après cotisations et frais. Enfin, les données de chiffre d’affaires du BTP sont trimestrielles, tandis que le revenu de 7 641 euros est annuel et concerne tous les secteurs, pas le seul bâtiment.
Sommaire
- 51 300 micro-entrepreneurs créés dans la construction en 2024, soit 57,6 % des créations du secteur (INSEE).
- 3,186 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs en France, tous secteurs, à mi-2025, mais seulement 49,8 % économiquement actifs (URSSAF).
- 7 460 à 8 115 € de chiffre d’affaires trimestriel moyen pour un auto-entrepreneur du BTP, contre 4 988 € tous secteurs (URSSAF, juin 2023).
- 36 % des micro-entrepreneurs de la construction sont encore actifs cinq ans après, contre 28 % tous secteurs (INSEE, cohorte 2018).
- 59 % des auto-entrepreneurs du BTP non assurés en décennale six mois après leur immatriculation, selon le courtier Coover (étude 2018-2019).
T1 · Les effectifs des auto-entrepreneurs dans le BTP
Le bâtiment est l’un des plus gros viviers du régime micro. Derrière les chiffres bruts d’immatriculation se cache une réalité plus nuancée : une large part des inscrits ne déclare aucun chiffre d’affaires. Les données ci-dessous proviennent de l’URSSAF et de l’INSEE.
3,186 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs en France, tous secteurs
Selon les données URSSAF relayées par TPE Actu (mi-2025), la France comptait 3,186 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs à fin juin 2025, soit 204 000 de plus en un an. Ce volume, tous secteurs confondus, confirme l’ancrage du statut dans l’économie française. Le bâtiment en représente une part importante, comme le détaillent les chiffres suivants.
Seuls 49,8 % des auto-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires
D’après l’URSSAF, via TPE Actu (mi-2025), seuls 49,8 % des auto-entrepreneurs administrativement actifs sont économiquement actifs, c’est-à-dire déclarent un chiffre d’affaires positif. À peine la moitié des immatriculés exerce donc réellement. Cette distinction est cruciale dans le BTP : une partie des inscrits sont des comptes dormants, ce qui fausse toute lecture brute des effectifs.
118 100 auto-entrepreneurs en travaux de finition, le plus gros bataillon du BTP
Selon les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023), les travaux de finition (second œuvre : peinture, revêtement, menuiserie) comptaient 118 100 auto-entrepreneurs administrativement actifs, en hausse de 5 % sur un an, dont 71 700 économiquement actifs. C’est de loin le premier segment du BTP en micro. Le métier de peintre et finisseur concentre ainsi une population nombreuse et facile d’accès, ce qui explique son attractivité auprès des nouveaux installés.
79 000 auto-entrepreneurs dans le gros œuvre
D’après les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023), le gros œuvre comptait 79 000 auto-entrepreneurs administrativement actifs, en progression de 5 % sur un an, dont 44 600 seulement économiquement actifs. L’écart entre immatriculés et actifs y est net : un sur trois ne déclare aucun CA. Un maçon en micro qui se lance doit pourtant déclarer son activité avec précision pour calibrer sa décennale d’auto-entrepreneur.
71 100 auto-entrepreneurs dans les travaux d’installation
Selon les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023), les travaux d’installation (plomberie, électricité, chauffage) regroupaient 71 100 auto-entrepreneurs administrativement actifs, en hausse de 6,7 %, dont 40 700 économiquement actifs. C’est le segment qui croît le plus vite parmi les trois familles du BTP. Ces métiers techniques attirent de nombreux indépendants, alors même qu’ils figurent parmi les moins bien assurés en décennale.
Environ 268 000 auto-entrepreneurs dans le BTP, dont 157 000 réellement actifs
En additionnant les trois familles du bâtiment recensées par l’URSSAF via Batiactu (juin 2023), on obtient environ 268 000 auto-entrepreneurs administrativement actifs dans le BTP (118 100 en finition, 79 000 en gros œuvre, 71 100 en installation), dont environ 157 000 économiquement actifs. Cet agrégat illustre l’écart structurel du régime : près de 40 % des inscrits du bâtiment ne déclarent aucun chiffre d’affaires sur la période. Pour un micro-entrepreneur du bâtiment, exercer réellement signifie aussi assumer l’obligation d’assurance.
La construction représente 9 % de tous les micro-entrepreneurs
Selon l’INSEE (Première n° 1963, cohorte 2018), la construction concentre 9 % des micro-entrepreneurs immatriculés, l’un des plus gros viviers de métiers. Cette part confirme le poids du bâtiment dans l’économie du régime micro. Elle explique aussi pourquoi l’enjeu de l’assurance décennale, propre au BTP, touche une population aussi large d’indépendants.
T2 · Les créations d’entreprises et le poids du micro
Chaque année, le bâtiment attire des dizaines de milliers de créateurs, en majorité sous le régime micro. Mais 2025 marque une inflexion : la construction est l’un des rares secteurs en recul. Les chiffres ci-dessous proviennent de l’INSEE.
89 000 créations d’entreprises dans la construction en 2024
D’après l’INSEE (créations d’entreprises en 2024), la construction a enregistré 89 000 créations d’entreprises en 2024, en hausse de 0,8 % par rapport à 2023. Ce dynamisme s’inscrivait alors dans un contexte national de créations record. Le secteur restait une porte d’entrée majeure vers l’entrepreneuriat, principalement par le statut micro.
57,6 % des créations de la construction en micro, soit 51 300 immatriculations
Toujours selon l’INSEE (créations d’entreprises en 2024), 57,6 % des créations de la construction en 2024 sont le fait de micro-entrepreneurs, soit environ 51 300 immatriculations. Près de trois créations d’entreprise sur cinq dans le bâtiment passent donc par ce régime. C’est précisément cette population, jeune et nombreuse, qui présente le plus fort taux de défaut d’assurance décennale.
85 600 créations dans la construction en 2025, en repli de 3,8 %
Selon l’INSEE (Première n° 2092, créations d’entreprises 2025), la construction a comptabilisé 85 600 créations d’entreprises en 2025, en baisse de 3,8 % sur un an, dont 50 100 micro-entrepreneurs (en recul de 2,5 %), 33 300 sociétés et 2 300 entreprises individuelles classiques. Le repli touche toutes les formes juridiques. Il traduit le ralentissement de l’activité du bâtiment, là où d’autres secteurs continuent de progresser.
La construction recule alors que les créations nationales battent un record
D’après l’INSEE (Première n° 2092, 2025), la construction est l’un des rares secteurs en recul de 3,8 % en 2025, alors que l’ensemble des créations atteint un record de 1 165 800, en hausse de 5 %. Le bâtiment va donc à contre-courant de la tendance générale. Ce décrochage est un signal d’alerte sur la santé du secteur, à rapprocher de la fragilité financière de ses jeunes structures.
758 600 immatriculations de micro-entrepreneurs en 2025, niveau record
Selon l’INSEE (Première n° 2092, 2025), 758 600 micro-entrepreneurs ont été immatriculés tous secteurs confondus en 2025, en hausse de 6 %, un niveau record historique. Le régime micro continue donc de séduire massivement, même quand le bâtiment ralentit. Cette dissociation montre que la dynamique du statut dépasse largement le seul cycle de la construction. Sur l’ensemble de l’année 2024, les micro-entrepreneurs avaient déjà représenté environ 63 % des 1 111 200 créations nationales, contre 57,6 % dans la seule construction.
T3 · Le chiffre d’affaires et les revenus
Les auto-entrepreneurs du BTP affichent un chiffre d’affaires supérieur à la moyenne, mais le revenu net reste modeste. La distinction entre données trimestrielles et annuelles, et entre BTP et tous secteurs, est ici essentielle. Les chiffres proviennent de l’URSSAF.
Un chiffre d’affaires trimestriel BTP de 7 460 à 8 115 euros, par sous-secteur
Selon les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023), le chiffre d’affaires trimestriel moyen d’un auto-entrepreneur du BTP économiquement actif s’établit à 7 563 euros dans le gros œuvre, 8 115 euros dans l’installation et 7 460 euros dans la finition. Ces montants sont bien trimestriels, et non annuels. Ce sont aussi des chiffres d’affaires bruts, pas des revenus nets, qui restent nettement inférieurs après cotisations et frais.
Un CA trimestriel BTP supérieur d’environ 50 % à la moyenne tous secteurs
D’après les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023), le chiffre d’affaires trimestriel moyen tous secteurs n’est que de 4 988 euros, contre 7 460 à 8 115 euros dans le BTP. Les auto-entrepreneurs du bâtiment génèrent donc environ 50 % de chiffre d’affaires en plus que la moyenne. Cet écart influe directement sur le montant de leur prime de décennale, calculée sur ce CA déclaré.
Un CA trimestriel tous secteurs de 5 072 euros à mi-2025
Selon les données URSSAF relayées par TPE Actu (mi-2025), le chiffre d’affaires trimestriel moyen tous secteurs atteint 5 072 euros à mi-2025, soit environ 1 690 euros par mois avant cotisations, impôt et frais. Ce niveau confirme la modestie économique du régime pris dans son ensemble. Le BTP, plus rémunérateur, reste une exception à la hausse au sein du micro.
Un revenu annuel moyen de 7 641 euros, tous secteurs confondus
D’après l’URSSAF (étude revenu, octobre 2025), le revenu annuel moyen déclaré par les auto-entrepreneurs s’élève à 7 641 euros en 2024, en baisse de 0,6 % en euros constants. Ce chiffre concerne l’ensemble des auto-entrepreneurs, tous secteurs confondus, et non le seul BTP : il ne faut pas le confondre avec les chiffres d’affaires trimestriels du bâtiment. Il rappelle la modestie des revenus de cette population, pour qui chaque charge fixe, dont l’assurance, pèse lourd.
Un revenu six fois inférieur à celui d’un indépendant classique
Selon l’URSSAF (étude revenu, octobre 2025), le revenu annuel moyen d’un travailleur indépendant classique, hors micro, atteint 45 348 euros en 2023, soit environ six fois plus qu’un auto-entrepreneur. L’écart est considérable. Il rappelle que le statut micro, conçu pour la simplicité, reste avant tout un complément ou un démarrage d’activité, rarement un revenu d’indépendant à temps plein.
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Lancer le simulateur →T4 · La pérennité et la fragilité des structures
La micro-entreprise du bâtiment résiste mieux que la moyenne des micro, mais bien moins que les autres formes juridiques. L’INSEE distingue trois populations qu’il ne faut jamais mélanger : micro, entreprise individuelle classique et société. Voici ce que dit la cohorte 2018.
36 % des micro-entrepreneurs de la construction encore actifs après 5 ans
Selon l’INSEE (Première n° 2069, cohorte 2018), 36 % des micro-entrepreneurs de la construction sont encore actifs cinq ans après leur création, contre 28 % tous secteurs. Le bâtiment est donc plus pérenne que la moyenne des micro. Cette résistance relative tient au caractère concret et récurrent de la demande de travaux, mais elle reste modeste en valeur absolue.
80 % des micro de la construction démarrent réellement leur activité
D’après l’INSEE (Première n° 2069, cohorte 2018), le taux de démarrage des micro-entrepreneurs de la construction atteint 80 %, contre 70 % tous secteurs. Parmi ceux qui démarrent vraiment, 45 % sont encore actifs cinq ans après, contre 39 % tous secteurs. Dans la hiérarchie de pérennité des micro à cinq ans, la construction (36 %) se classe juste derrière la santé (50 %) et l’industrie (43 %), loin devant le commerce (22 %) ou la livraison (6 %).
55,2 % de pérennité pour les entreprises individuelles classiques du bâtiment
D’après l’INSEE (Première n° 2070, cohorte 2018), les entreprises individuelles classiques de la construction, hors micro, affichent une pérennité à cinq ans de 55,2 %, contre 63 % toutes entreprises individuelles classiques tous secteurs. C’est nettement supérieur aux 36 % des micro du bâtiment. Le choix d’un statut hors micro semble donc lié à une survie plus longue, même si la causalité tient surtout au profil des créateurs.
70,3 % de pérennité pour les sociétés de la construction
Selon l’INSEE (Première n° 2070, cohorte 2018), 70,3 % des sociétés de la construction sont encore actives cinq ans après leur création, contre 71 % toutes sociétés. La forme sociétale survit donc presque deux fois mieux que le micro (36 %). Ces trois populations, micro, entreprise individuelle classique et société, ne doivent jamais être confondues dans la lecture de la pérennité.
69 % des structures hors micro survivent à 5 ans, contre 28 % des micro
D’après l’INSEE (Premières n° 2069 et 2070, cohorte 2018), 69 % des entreprises hors micro-entrepreneurs créées au premier semestre 2018 sont encore actives cinq ans après, contre seulement 28 % des micro-entrepreneurs. L’écart de pérennité est massif. Il rappelle que la simplicité du régime micro a une contrepartie : une rotation très élevée des structures, et donc une exposition accrue au défaut d’assurance.
Une hausse de 4,6 % des radiations d’auto-entrepreneurs à mi-2025
Selon les données URSSAF relayées par TPE Actu (mi-2025), les radiations d’auto-entrepreneurs ont augmenté de 4,6 % sur un an à mi-2025, pour seulement 0,4 % d’immatriculations supplémentaires sur la même période. Le solde net se tasse donc. Ce retournement, après des années de forte croissance, confirme la fragilité structurelle d’une partie de la population micro, BTP compris.
T5 · L’assurance et la couverture décennale
L’assurance décennale est obligatoire pour tout constructeur, micro-entrepreneur compris, dès le premier chantier. Pourtant, une part importante des auto-entrepreneurs du bâtiment exerce sans cette couverture. Les chiffres ci-dessous proviennent d’une étude privée, attribuée explicitement à son auteur.
59 % des auto-entrepreneurs du BTP non assurés en décennale après six mois, selon Coover
Selon le courtier Coover (étude 2018-2019, 22 450 simulations), 59 % des auto-entrepreneurs du bâtiment n’avaient pas souscrit d’assurance décennale six mois après leur immatriculation, alors qu’elle est obligatoire depuis la loi Spinetta du 4 janvier 1978. Ce chiffre émane d’un acteur privé, et non d’une source officielle : nous le citons à titre indicatif, et il a aujourd’hui plus de six ans. Il met néanmoins en lumière un défaut d’assurance fréquent chez les auto-entrepreneurs nouvellement installés.
Les métiers du revêtement et de l’isolation, les moins assurés selon Coover
Toujours selon le courtier Coover (étude 2018-2019), les métiers les moins assurés en décennale seraient le revêtement et l’isolation (75 % de non-assurés), la plomberie et le chauffage (69 %), puis la menuiserie et l’agencement (66 %). Ces taux, issus d’une étude privée datée, sont à prendre comme des ordres de grandeur. Ils suggèrent que les micro-entrepreneurs des seconds œuvres techniques sont particulièrement exposés au risque de défaut d’assurance.
Une méthodologie fondée sur 22 450 simulations d’assurance
Selon le courtier Coover (étude 2018-2019), ces chiffres reposent sur l’analyse d’environ 22 450 simulations réalisées entre le 18 novembre 2018 et le 17 décembre 2019, selon la méthode des quotas, les micro-entrepreneurs de moins de six mois étant exclus. Cette transparence méthodologique est utile, mais elle ne transforme pas une étude de courtier en statistique publique. Nous la présentons donc avec ces réserves, comme un indicateur de tendance et non comme une vérité officielle.
Une obligation légale qui s’applique dès le premier chantier, quel que soit le statut
L’assurance décennale est obligatoire pour tout constructeur depuis la loi Spinetta du 4 janvier 1978, sans exception pour le régime micro. Un auto-entrepreneur du bâtiment doit donc être couvert avant même son premier chantier, sous peine de sanctions et d’un engagement de son patrimoine personnel en cas de sinistre. Au-delà de la décennale, une RC Pro et une mutuelle d’auto-entrepreneur complètent utilement la protection d’un indépendant du BTP.
Les grandes tendances 2026
Mis bout à bout, ces chiffres dessinent quatre dynamiques majeures pour les auto-entrepreneurs du bâtiment en 2026.
Un régime micro omniprésent dans le bâtiment, mais à demi inactif. Près de trois créations d’entreprise sur cinq dans la construction passent par le statut micro, et le BTP représente 9 % de tous les micro-entrepreneurs de France. Pourtant, la moitié seulement des inscrits déclare un chiffre d’affaires. Cette dualité, entre une immatriculation massive et une activité réelle bien plus restreinte, est la clé de lecture de tout le secteur. Elle explique pourquoi les effectifs bruts doivent toujours être lus à la lumière du nombre d’actifs économiques.
Un secteur qui décroche en 2025, à contre-courant de l’économie. Alors que les créations d’entreprises atteignent un record national en 2025, la construction recule de 3,8 %, l’un des rares secteurs en baisse. Les radiations d’auto-entrepreneurs progressent plus vite que les immatriculations. Ce retournement traduit la tension qui pèse sur le bâtiment, après plusieurs années de forte croissance du régime micro. Pour les indépendants installés, le climat se durcit, ce qui rend chaque charge fixe, dont l’assurance, plus sensible.
Un chiffre d’affaires supérieur à la moyenne, mais un revenu net modeste. Les auto-entrepreneurs du BTP affichent un chiffre d’affaires trimestriel supérieur d’environ 50 % à la moyenne tous secteurs, signe d’un métier porteur. Mais le revenu annuel moyen du régime, tous secteurs confondus, reste contenu à 7 641 euros, six fois moins qu’un indépendant classique. Cette équation, un bon chiffre d’affaires pour un revenu modeste, fragilise économiquement une population pour qui la prime de décennale, calculée sur le CA, peut peser lourd.
Une couverture décennale insuffisante chez les nouveaux installés. Si l’on en croit l’étude du courtier Coover, citée avec réserve car privée et datée de 2018-2019, une majorité d’auto-entrepreneurs du BTP exerçait sans décennale six mois après leur immatriculation. Ce défaut d’assurance, plus marqué dans certains métiers et certaines régions, expose ces indépendants à des sanctions et à l’engagement de leur patrimoine. Or l’obligation, issue de la loi Spinetta, s’applique dès le premier chantier, sans aucune exception liée au statut micro.
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FAQ : chiffres des auto-entrepreneurs du BTP
Combien y a-t-il d’auto-entrepreneurs dans le BTP en France ?
On dénombre environ 268 000 auto-entrepreneurs administrativement actifs dans le BTP en France, dont environ 157 000 économiquement actifs (qui déclarent un chiffre d’affaires), selon les données URSSAF relayées par Batiactu (juin 2023). Tous secteurs confondus, l’URSSAF recense 3,186 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs à mi-2025.
Combien gagne un auto-entrepreneur du BTP ?
L’URSSAF mesure un chiffre d’affaires trimestriel moyen compris entre 7 460 et 8 115 euros pour les auto-entrepreneurs du BTP économiquement actifs (données de juin 2023), soit nettement plus que la moyenne tous secteurs de 4 988 euros. Attention : il s’agit du chiffre d’affaires, pas du revenu net, qui est bien inférieur une fois les cotisations et frais déduits.
Le statut micro-entreprise est-il durable dans le bâtiment ?
Selon l’INSEE (cohorte 2018), 36 % des micro-entrepreneurs de la construction sont encore actifs cinq ans après leur création, contre 28 % tous secteurs. La construction est donc plus pérenne que la moyenne des micro-entrepreneurs, mais nettement moins que les entreprises individuelles classiques (55,2 %) ou les sociétés (70,3 %) du même secteur.
Faut-il une assurance décennale en auto-entrepreneur ?
Oui. L’assurance décennale est obligatoire pour tout constructeur depuis la loi Spinetta du 4 janvier 1978, quel que soit le statut, y compris en micro-entreprise, et dès le premier chantier. Or, selon le courtier Coover (étude 2018-2019, 22 450 simulations), 59 % des auto-entrepreneurs du BTP n’avaient pas souscrit cette assurance six mois après leur immatriculation. Ce chiffre provient d’un acteur privé, pas d’une source officielle. Voir notre page décennale auto-entrepreneur.
Quelle part des créations d’entreprises du BTP se fait en micro-entreprise ?
En 2024, la construction a enregistré 89 000 créations d’entreprises, dont 57,6 % de micro-entrepreneurs, soit environ 51 300 immatriculations, selon l’INSEE. Près de trois créations sur cinq dans le bâtiment se font donc sous le régime micro. En 2025, ce volume recule à 50 100 micro-entrepreneurs sur 85 600 créations dans la construction.
Sources officielles
Toutes les données de cette page proviennent des institutions et acteurs suivants :
- INSEE : créations d’entreprises dans la construction (2024 et 2025), pérennité des micro-entrepreneurs, entreprises individuelles et sociétés (cohorte 2018), poids du bâtiment dans le régime micro
- URSSAF : effectifs des auto-entrepreneurs (administrativement et économiquement actifs), chiffre d’affaires trimestriel par sous-secteur du BTP, revenu annuel moyen, radiations
- Coover : courtier privé, étude 2018-2019 sur le taux de non-assurés en décennale chez les auto-entrepreneurs du BTP (donnée signalée comme non officielle)
- Batiactu et TPE Actu : relais de presse des chiffres URSSAF
Données publiques et privées attribuées, à jour de juin 2026. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé. Pour votre situation, demandez un devis ou consultez un courtier. Données vérifiées au 16 juin 2026.