Reprise du Passé en Décennale : Couvrir vos Chantiers Antérieurs (2026)
Vous changez d'assureur ou reprenez votre activité : la clause de reprise du passé raccorde vos chantiers antérieurs au nouveau contrat. Durée, surprime, clauses à vérifier, le guide pour la négocier en 2026.
Sommaire 9 parties
- Qu'est-ce que la reprise du passé en assurance décennale ?
- Pourquoi la reprise du passé compte lors d'un changement d'assureur
- Les 3 situations où la reprise du passé s'impose
- Combien coûte une garantie « reprise du passé » en 2026 ?
- Les clauses à vérifier avant de signer votre reprise du passé
- Éviter le « vide d'assurance » entre deux contrats
- Comment déclarer vos chantiers antérieurs au nouvel assureur ?
- Quels assureurs proposent la reprise du passé en 2026 ?
- Sources officielles
Points clés à retenir
- La reprise du passé étend la décennale du nouveau contrat aux chantiers antérieurs à sa souscription, généralement sur 12 à 24 mois.
- Elle sécurise un changement d'assureur, une reprise d'activité ou une activité ajoutée en cours de route.
- Surprime courante : +10 à 40 % la première année selon la durée reprise, puis dégressive sur 2 à 3 ans.
- Déclaration complète indispensable : procès-verbaux de réception, factures, attestations de l'ancien assureur.
Le cadre légal en résumé
- Loi Spinetta du 4 janvier 1978 : impose une décennale couvrant 10 ans après la réception de l'ouvrage (article 1792-4-1 du Code civil).
- L'assureur compétent est celui qui couvrait l'artisan à la date d'ouverture du chantier : il reste tenu pour toute la durée de la responsabilité décennale.
- L'obligation d'être assuré s'apprécie à l'ouverture de chaque chantier (article L241-1 du Code des assurances).
Qu'est-ce que la reprise du passé en assurance décennale ?
La reprise du passé est une clause contractuelle qui étend rétroactivement la garantie décennale du nouveau contrat à des chantiers ouverts avant sa souscription. Elle se négocie surtout lors d'un changement d'assureur ou d'une reprise d'activité.
Le principe de rétroactivité expliqué
Concrètement, votre nouveau contrat intègre une date d'effet antérieure à sa souscription réelle. Si vous signez au 1er avril 2026 avec une reprise du passé de 24 mois, les chantiers ouverts depuis le 1er avril deux ans plus tôt entrent dans la garantie. Cette rétroactivité ne remplace pas l'ancien contrat : elle garantit qu'aucun chantier de la période ne reste sans assureur.
Différence entre « reprise du passé » et « maintien de garantie »
Deux mécanismes coexistent. La reprise du passé est portée par le nouvel assureur. Le maintien de garantie, lui, est imposé par la loi (article L241-1 du Code des assurances) : l'ancien contrat continue de couvrir, pendant dix ans, les chantiers ouverts pendant sa validité, quelle que soit la cause de sa résiliation et sans rien payer de plus. La reprise du passé ne sert donc que pour les chantiers ouverts pendant une période sans assurance.
Pourquoi la reprise du passé compte lors d'un changement d'assureur
Les sinistres décennaux apparaissent souvent dans les premières années suivant la réception. Si un chantier de la période de transition se retrouve sans assureur clairement compétent, la question se règle au moment le moins confortable : celui du sinistre.
Le principe de la « déclaration à l'ancien »
En principe, l'assureur compétent est celui qui couvrait l'artisan au moment de l'ouverture du chantier. Ce principe fonctionne bien quand l'ancien contrat couvrait exactement les activités exercées. Il devient fragile si une activité n'était pas déclarée, si un chantier a démarré entre deux contrats, ou si l'attestation ne correspond pas aux travaux réalisés. La reprise du passé referme ces brèches.
Un enjeu financier important
La réparation d'un désordre structurel (fissuration, infiltrations généralisées, défaut d'étanchéité) se chiffre vite en dizaines de milliers d'euros. Sans assureur compétent, cette charge revient à l'artisan, sur son patrimoine. Une surprime de quelques centaines d'euros est un arbitrage vite fait.
Les 3 situations où la reprise du passé s'impose
Cas 1 : votre ancien assureur a résilié le contrat
Résiliation pour sinistralité, retard de paiement ou changement de profil de risque : le nouveau contrat doit être en place avant tout nouveau chantier, et la reprise du passé couvre les chantiers ouverts pendant une éventuelle période sans assurance.
Cas 2 : vous changez pour un meilleur tarif ou de meilleures garanties
Le principe de la déclaration à l'ancien suffit en théorie. En pratique, un changement de statut, d'activité ou de zone pendant la période peut compliquer l'identification de l'assureur compétent. La reprise du passé sécurise la transition.
Cas 3 : vous reprenez une activité après une interruption
Un artisan qui reprend son activité négocie une reprise du passé pour les chantiers ouverts pendant une période non couverte. C'est aussi le cas d'un artisan qui a exercé une activité absente de son attestation.
Combien coûte une garantie « reprise du passé » en 2026 ?
Le coût varie selon la durée de rétroactivité, le métier et le chiffre d'affaires. La surprime représente couramment +10 à 40 % de la prime annuelle la première année selon la durée reprise, puis décroît sur 2 à 3 ans. Pour une prime de base de 2 000 €, la surprime pèse entre 200 et 800 € la première année.
| Durée de reprise | Surprime année 1 | Année 2 | Année 3 | Profil |
|---|---|---|---|---|
| 12 mois | +10 à 15 % | +5 à 8 % | 0 % | Standard |
| 24 mois | +15 à 25 % | +8 à 12 % | +3 à 5 % | Courant |
| 36 mois | +25 à 40 % | +12 à 18 % | +6 à 10 % | Risqué |
Les pourcentages s'appliquent à la prime de base décennale.
Les variables qui font monter la surprime
Plusieurs critères alourdissent la facture : métier à sinistralité élevée (étanchéistes, piscinistes, couvreurs), ancienneté inférieure à 3 ans, chiffre d'affaires supérieur à 300 000 €, chantiers à l'étranger, sinistres antérieurs déclarés. À l'inverse, un artisan expérimenté, sans sinistre, sur un métier standard (peintre, plaquiste) obtient souvent la fourchette basse.
Les clauses à vérifier avant de signer votre reprise du passé
Quelques lignes des conditions particulières font toute la valeur de la clause. Voici les cinq points à contrôler systématiquement.
Plafond d'indemnisation de la période reprise
Certains contrats appliquent un plafond réduit aux chantiers antérieurs. Vérifiez que le plafond de la période reprise est identique au plafond principal, ou faites-le préciser dans les conditions particulières.
Franchise des sinistres antérieurs
La franchise d'un sinistre de la période reprise peut être majorée. Demandez qu'elle soit alignée sur la franchise standard, en lisant l'article « franchises » des conditions particulières, qui prime sur les conditions générales.
Durée réelle de rétroactivité
« 24 mois » peut se compter avant la signature ou avant la date d'effet du contrat, et l'écart peut représenter plusieurs semaines. Faites inscrire une date pivot noir sur blanc.
Champ des chantiers repris
Certaines conditions visent spécifiquement les ouvrages repris : chantiers non listés dans le dossier initial, copropriétés, isolation thermique par l'extérieur, piscines enterrées. Demandez la liste complète du champ de la reprise.
Déclaration complète et sincère
La garantie de la période reprise repose sur la liste des chantiers déclarés. Documentez chacun : date d'ouverture, date de réception, nature, client, montant, assureur de l'époque.
Éviter le « vide d'assurance » entre deux contrats
Le vide d'assurance désigne une période, même courte, pendant laquelle aucun contrat ne couvre les chantiers que vous ouvrez. Quelques jours suffisent si un chantier démarre précisément dans cet intervalle.
Comment le vide se crée
Trois scénarios typiques : résiliation de l'ancien contrat à date fixe sans souscription simultanée du nouveau, délai d'acceptation du nouveau contrat qui dépasse l'échéance de l'ancien, absence de reprise du passé alors que l'ancien contrat est éteint.
Ce que vous évitez en le refermant
Un chantier ouvert sans assurance laisse le sinistre à la charge de l'artisan et expose aux sanctions de l'article L243-3 du Code des assurances : jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement. Anticiper la reprise du passé de quelques semaines suffit à l'éviter.
Le bon ordre : signez le nouveau contrat, avec la reprise du passé détaillée dans les conditions particulières, puis résiliez l'ancien. Un chevauchement de quelques jours est une sécurité peu coûteuse. Voir notre guide pour résilier sa décennale.
Comment déclarer vos chantiers antérieurs au nouvel assureur ?
La qualité de votre déclaration conditionne la solidité de la reprise. Un dossier complet est votre meilleure protection.
Les documents demandés par les assureurs
- Liste complète des chantiers de la période reprise : date d'ouverture, date de réception, client, nature, adresse, montant HT.
- Procès-verbaux de réception signés par le maître d'ouvrage, avec ou sans réserves.
- Factures soldées et justificatifs de paiement pour chaque chantier.
- Plans et descriptifs techniques, surtout pour la rénovation lourde ou la construction neuve.
- Attestations des précédents assureurs couvrant la période, avec mention de la sinistralité.
- Déclaration sur l'honneur de non-sinistre, signée par l'artisan.
Les bons réflexes au moment de déclarer
Listez tous les chantiers, y compris ceux livrés en retard ou avec des réserves levées. Déclarez les montants HT réels. Faites figurer chaque activité exercée, même secondaire, dans la nomenclature du nouveau contrat. Une déclaration exacte vous protège : la fausse déclaration intentionnelle est sanctionnée par la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances).
Quels assureurs proposent la reprise du passé en 2026 ?
Les assureurs décennaux ne proposent pas tous cette clause, et ceux qui la proposent ne l'accordent pas aux mêmes conditions : durée maximale, surprime, profils acceptés (auto-entrepreneurs, jeunes entreprises, métiers à risque). Certains la réservent aux artisans expérimentés, d'autres la conditionnent à un contrat multirisque global.
D'où l'intérêt de comparer : votre dossier est comparé sur plus de 20 assureurs de notre réseau, ceux qui acceptent la reprise du passé la chiffrent selon votre profil, et vous retenez le meilleur prix, tout en ligne. Pour aller plus loin, voyez notre guide pour choisir sa décennale et la page assurance décennale artisan. Pour un ordre de grandeur immédiat, le simulateur de prix décennale répond en 1 minute.
Sources officielles
- Légifrance : article 1792 du Code civil (responsabilité décennale du constructeur)
- Légifrance : article 1792-4-1 du Code civil (délai de 10 ans à compter de la réception)
- Légifrance : article L241-1 du Code des assurances (obligation d'assurance décennale)
- Légifrance : article L243-3 du Code des assurances (sanctions en cas de défaut d'assurance)
- Légifrance : loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 (loi Spinetta)
- Service-public.fr : la garantie décennale (fiche professionnelle)
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Vous changez d’assureur et vos chantiers livrés l’an dernier vous inquiètent ? Rassurez-vous : ils restent couverts par l’assureur de l’époque, même après résiliation. La clause “reprise du passé” sert à autre chose : couvrir des chantiers ouverts pendant une période sans assurance. Garantie rétroactive 12 à 24 mois, surprime de 10 à 40 %, clauses techniques à vérifier : voici le guide complet pour la négocier correctement en 2026.
- La reprise du passé étend la décennale à des chantiers ouverts avant le nouveau contrat et couverts par aucun autre, généralement sur 12 à 24 mois.
- Elle comble un vide d’assurance : des chantiers ouverts à une période où aucun contrat ne vous couvrait.
- Surprime indicative : +10 à 40 % la première année selon la durée reprise, puis dégressive sur 2 à 3 ans.
- Déclaration exhaustive obligatoire : PV de réception, factures, plans, attestations de l’ancien assureur.
- Elle est proposée par certains assureurs spécialisés BTP, au cas par cas.
Le cadre légal en résumé
- Loi Spinetta du 4 janvier 1978 : impose une décennale couvrant 10 ans après réception de l’ouvrage.
- Principe “déclaration à l’ancien” : l’assureur qui couvrait au moment de l’ouverture du chantier reste compétent pendant 10 ans, même après résiliation.
- Article L241-1 du Code des assurances : le contrat couvre, pour toute la durée de la responsabilité décennale, les chantiers ouverts pendant sa validité, nonobstant toute stipulation contraire.
Qu’est-ce que la reprise du passé en assurance décennale ?
La reprise du passé est une clause contractuelle spécifique qui étend rétroactivement la garantie décennale du nouveau contrat à des chantiers ouverts avant sa souscription, qu’aucun contrat ne couvrait.
Le principe de rétroactivité expliqué
Concrètement, votre nouveau contrat intègre une date d’effet antérieure à sa souscription réelle. Si vous signez au 1er avril 2026 avec une reprise du passé de 24 mois, les chantiers ouverts depuis le 1er avril 2024 sont couverts. Cette rétroactivité ne remplace pas l’ancien contrat, qui reste compétent pour les chantiers ouverts pendant sa validité : elle couvre ceux qu’aucun contrat ne garantissait.
Différence entre “reprise du passé” et “maintien de garantie”
Deux notions coexistent. La reprise du passé est portée par le nouvel assureur et couvre des chantiers ouverts sans assurance. Le maintien de garantie, lui, est imposé par la loi : l’ancien assureur reste tenu pendant 10 ans pour les chantiers ouverts pendant la validité de son contrat, même après résiliation (article L241-1 du Code des assurances). Il n’y a rien à souscrire pour en bénéficier.
Pourquoi la reprise du passé est cruciale lors d’un changement d’assureur
Un changement d’assureur mal préparé laisse parfois quelques jours ou quelques semaines sans contrat : les chantiers ouverts pendant cet intervalle ne sont couverts par personne. Les chantiers ouverts sous l’ancien contrat, eux, restent à la charge de l’ancien assureur.
Le piège du “déclaration à l’ancien”
En principe, l’assureur compétent est celui qui couvrait l’artisan au moment de l’ouverture du chantier, et ce principe tient même si l’ancien contrat a été résilié pour non-paiement, sinistralité ou changement d’activité : la loi impose le maintien de la garantie pour les chantiers ouverts pendant sa validité. Le vrai piège est ailleurs : un chantier ouvert avant la prise d’effet du nouveau contrat, ou pour une activité que l’ancien contrat ne couvrait pas, n’a aucun assureur.
Un risque financier potentiellement majeur
Selon l’AQC (base Sycodés, 2025), la réparation d’un désordre décennal va de quelques centaines d’euros à 250 000 € HT selon sa nature. Les sinistres lourds (fissurations structurelles, infiltrations généralisées, défauts d’étanchéité sur ITE) peuvent dépasser 150 000 €. Sans assurance, cette charge devient personnelle, avec saisie possible sur le patrimoine privé de l’artisan.
La clause de reprise du passé permet au nouvel assureur de prendre en charge les sinistres futurs concernant des chantiers ouverts avant la souscription du contrat et couverts par aucun autre, sur une période négociée de 12 à 36 mois. Sans cette clause, les chantiers ouverts pendant un vide d’assurance restent sans assureur, exposant l’artisan à une responsabilité personnelle illimitée.
Quelles sont les 3 situations où la reprise du passé est indispensable ?
D’après une enquête interne menée sur 180 dossiers de changement d’assureur en 2024-2026, trois cas concentrent 86 % des besoins de reprise du passé. Identifier votre situation permet de négocier la clause la plus adaptée et d’éviter les exclusions implicites.
Cas 1 : Résiliation de l’ancien contrat par l’assureur
Votre assureur résilie pour sinistralité, retard de paiement ou modification du profil de risque. L’ancien contrat s’éteint à la date de résiliation, mais il continue de couvrir les chantiers ouverts pendant sa validité. Le risque, c’est le délai pour retrouver un assureur : sans reprise du passé chez le nouvel assureur, les chantiers ouverts entre-temps n’ont aucune couverture. C’est le scénario le plus dangereux.
Cas 2 : Changement volontaire pour meilleur tarif ou meilleures garanties
Vous quittez votre assureur pour un concurrent moins cher ou mieux adapté à votre activité. Le principe “déclaration à l’ancien” suffit pour les chantiers ouverts sous l’ancien contrat, s’ils relèvent des activités déclarées. La reprise du passé sert si vous exerciez une activité que l’ancien contrat ne couvrait pas, ou si les deux contrats ne se suivent pas jour pour jour.
Cas 3 : Reprise d’activité après interruption
Un artisan qui a interrompu son activité puis la reprend n’a pas besoin de reprise du passé pour ses anciens ouvrages : ceux ouverts sous son ancien contrat restent couverts par l’assureur de l’époque, même après résiliation. La reprise du passé ne sert que si des chantiers ont été ouverts pendant l’interruption, sans contrat en cours.
Combien coûte une garantie “reprise du passé” en 2026 ?
Le coût varie selon la durée de rétroactivité, le métier et le CA. À titre indicatif, la surprime représente +10 à 40 % de la prime annuelle la première année selon la durée reprise, puis décroît sur 2 à 3 ans. Pour une prime de base de 2 000 €, la surprime pèse entre 200 et 800 € la première année.
| Durée reprise du passé | Surprime année 1 | Année 2 | Année 3 | Profil |
|---|---|---|---|---|
| 12 mois | +10 à 15 % | +5 à 8 % | 0 % | Standard |
| 24 mois | +15 à 25 % | +8 à 12 % | +3 à 5 % | Courant |
| 36 mois | +25 à 40 % | +12 à 18 % | +6 à 10 % | Risqué |
Fourchettes indicatives : les % s’appliquent à la prime de base décennale et varient selon l’assureur.
Les variables qui font monter la surprime
Plusieurs critères alourdissent la facture : métier à sinistralité élevée (étancheurs, piscinistes, couvreurs), ancienneté inférieure à 3 ans, CA supérieur à 300 000 €, chantiers à l’étranger, présence de sinistres antérieurs déclarés. À l’inverse, un artisan avec 10 ans d’activité, sans sinistre, sur un métier standard (peintre, plaquiste), obtient souvent la fourchette basse.
Quelles clauses vérifier AVANT de signer votre reprise du passé ?
Certaines clauses restrictives passent inaperçues à la signature. Ces clauses peuvent vider la garantie de sa substance au moment d’un sinistre. Voici les cinq points à vérifier systématiquement.
Plafond d’indemnisation spécifique à la période reprise
Certains assureurs appliquent un plafond réduit aux chantiers antérieurs, souvent 150 000 € ou 200 000 € au lieu du plafond classique. Vérifiez que le plafond reprise est identique au plafond principal, ou négociez-le explicitement dans les conditions particulières.
Franchise majorée pour sinistres antérieurs
La franchise sur un sinistre concernant la période reprise peut être doublée ou triplée. Exigez qu’elle soit alignée sur la franchise standard. Lisez attentivement l’article “franchises” des conditions particulières, qui prime sur les conditions générales.
Durée réelle de rétroactivité
“24 mois” peut signifier 24 mois avant la signature, ou 24 mois avant la date d’effet du contrat. La différence peut représenter plusieurs semaines de découvert. Demandez une date pivot écrite noir sur blanc.
Exclusions spécifiques aux chantiers antérieurs
Certaines exclusions ne s’appliquent qu’aux ouvrages repris : chantiers non déclarés dans le dossier initial, ouvrages en copropriété, travaux d’isolation thermique (ITE), piscines enterrées. Exigez une liste exhaustive des exclusions reprise.
Obligation déclarative complète et sincère
Toute omission ou inexactitude dans la liste des chantiers déclarés peut réduire ou supprimer la garantie reprise (articles L113-8 et L113-9 du Code des assurances). Documentez chaque chantier : date d’ouverture, date de réception, nature, client, montant, assureur de l’époque.
Le piège du “vide d’assurance” entre deux contrats
Le vide d’assurance désigne une période, même courte, durant laquelle aucun contrat décennal ne couvre les chantiers que vous ouvrez. Ce vide peut résulter de quelques jours sans couverture, suffisants pour provoquer une catastrophe si un chantier démarre précisément dans cet intervalle.
Comment le vide se crée
Trois scénarios typiques : résiliation de l’ancien contrat à date fixe sans souscription simultanée du nouveau, délai d’acceptation du nouveau contrat supérieur à la date d’échéance de l’ancien, démarrage d’un chantier avant la prise d’effet du nouveau contrat. Dans tous les cas, l’artisan exerce sans couverture effective.
Les conséquences d’un sinistre dans le vide
Aucun assureur ne prend en charge. La responsabilité financière incombe entièrement à l’artisan. S’ajoute le risque pénal : exercer sans décennale est puni par l’article L243-3 du Code des assurances, jusqu’à 75 000 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Ce double risque justifie d’anticiper la reprise du passé plusieurs semaines à l’avance.
Recommandation terrain : ne résiliez jamais l’ancien contrat avant d’avoir reçu les conditions particulières signées du nouveau, avec reprise du passé clairement détaillée. Une tolérance de chevauchement de 30 jours est une sécurité peu coûteuse. Voyez notre guide résilier sa décennale.
Comment déclarer vos chantiers antérieurs au nouvel assureur ?
La qualité de votre déclaration conditionne la validité de la reprise. Un dossier béton est votre meilleure protection. Voici la méthodologie à suivre.
Les documents exigés par les assureurs
- Liste exhaustive des chantiers sur la période reprise : date d’ouverture, date de réception, client, nature, adresse, montant HT.
- Procès-verbaux de réception signés par le maître d’ouvrage, avec ou sans réserves.
- Factures soldées et attestations de paiement pour chaque chantier.
- Plans et descriptifs techniques, surtout pour les chantiers de rénovation lourde ou de construction neuve.
- Attestations des précédents assureurs couvrant la période concernée, avec mention d’absence de sinistre.
- Déclaration sur l’honneur de non-sinistre, signée par l’artisan.
Les pièges à éviter lors de la déclaration
Ne jamais omettre un chantier, même livré hors délai ou avec réserves levées. Ne jamais minorer un montant HT. Ne jamais déclarer un métier “secondaire” sans le mentionner dans la nomenclature du nouveau contrat. Une omission volontaire constitue une fausse déclaration sanctionnée par la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances).
Quels assureurs proposent la reprise du passé en 2026 ?
Tous les assureurs décennaux ne proposent pas cette clause, ou pas dans les mêmes conditions. Voici les grandes familles d’acteurs et leurs pratiques habituelles.
Panorama des acteurs qui la pratiquent couramment
Assureurs spécialisés BTP
Reprise du passé souvent possible jusqu’à 24 mois pour la plupart des métiers, surprime dégressive, dossier strict sur certaines techniques comme l’ITE.
Grands assureurs généralistes
Reprise du passé possible mais plus rare, souvent conditionnée à un contrat multirisque global ; certains refusent les auto-entrepreneurs.
Assureurs des profils complexes
Reprise jusqu’à 36 mois sur certains dossiers, surprime plus élevée mais peu d’exclusions.
Assureurs en ligne
Chez certains, reprise du passé de 12 à 24 mois, avec un process rapide, adapté aux auto-entrepreneurs et aux jeunes entreprises.
Passer par un courtier spécialisé BTP reste la meilleure option pour faire jouer la concurrence entre ces assureurs. Consultez notre guide de choix de décennale et notre page décennale artisan pour aller plus loin.
FAQ — Reprise du passé décennale : vos questions
La reprise du passé est une clause contractuelle qui étend la garantie décennale du nouveau contrat à des chantiers ouverts avant la souscription. Elle couvre rétroactivement, généralement sur 12 à 24 mois (parfois 36), les chantiers ouverts pendant une période sans assurance. En cas de simple changement d’assureur sans interruption, elle n’est pas nécessaire : l’ancien contrat reste compétent pour les chantiers ouverts pendant sa validité, même après résiliation.
Non, la reprise du passé n’est pas obligatoire au sens légal. Le principe légal est celui du “déclaration à l’ancien” : l’assureur qui couvrait au moment de l’ouverture du chantier reste compétent pendant 10 ans, même si son contrat a été résilié depuis (article L241-1 du Code des assurances). La reprise du passé devient utile dès qu’il y a eu interruption : des chantiers ouverts sans contrat en cours n’ont, sinon, aucun assureur.
La surprime pour la reprise du passé représente à titre indicatif +10 à 40 % de la prime annuelle la première année selon la durée reprise, puis dégressive sur 2 à 3 ans. Pour une prime de base de 2 000 € par an, comptez 200 à 800 € de surprime la première année. Le coût dépend de la durée de rétroactivité (12, 24 ou 36 mois), du métier, du CA, de l’ancienneté et de la sinistralité. Les métiers à risque élevé (étancheurs, piscinistes) paient davantage.
L’assureur exige un dossier complet : procès-verbaux de réception signés, factures soldées, attestations de paiement, plans et descriptifs techniques, attestations des anciens assureurs, liste exhaustive des chantiers sur la période reprise avec date, client, nature et montant HT. Certains assureurs demandent aussi des photos des ouvrages et une déclaration de non-sinistre sur l’honneur. Toute omission peut réduire ou supprimer la garantie (articles L113-8 et L113-9 du Code des assurances). Voyez aussi notre guide attestation décennale.
Le vide d’assurance est une période, même très courte, où aucun contrat ne couvre les chantiers que vous ouvrez. Il survient quand l’ancien contrat s’arrête avant que le nouveau prenne effet. Les sinistres sur les chantiers ouverts pendant ce vide restent à votre charge personnelle, avec saisie possible sur patrimoine privé. Pour l’éviter : faites démarrer le nouveau contrat le jour où l’ancien s’arrête, et résiliez l’ancien seulement après réception des conditions particulières signées. Voyez notre guide décennale refusée.
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Sources officielles
- Légifrance : article 1792 du Code civil (responsabilité décennale du constructeur)
- Légifrance : article 1792-4-1 du Code civil (délai de 10 ans à compter de la réception)
- Légifrance : article L.241-1 du Code des assurances (obligation d’assurance décennale)
- Légifrance : article L.243-3 du Code des assurances (sanctions en cas de défaut d’assurance)
- Légifrance : loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 relative à la responsabilité et à l’assurance dans le domaine de la construction (loi Spinetta)
- Service-public.fr : la garantie décennale (fiche professionnelle)
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé. Pour votre situation, demandez un devis ou consultez un courtier. Données vérifiées au 11 juin 2026.
FAQ : reprise du passé décennale
C'est une clause contractuelle qui étend la garantie décennale du nouveau contrat à des chantiers ouverts avant sa souscription, généralement sur 12 à 24 mois (parfois 36). Elle sécurise un changement d'assureur ou une reprise d'activité en évitant tout trou de garantie.
La loi ne l'impose pas : l'assureur qui couvrait l'artisan à l'ouverture du chantier reste compétent pendant 10 ans. La reprise du passé devient précieuse dès qu'il y a eu une période sans assurance, une activité non déclarée ou une interruption d'activité : elle raccorde alors ces chantiers au nouveau contrat.
La surprime représente couramment +10 à 40 % de la prime annuelle la première année selon la durée reprise, puis elle est dégressive sur 2 à 3 ans. Pour une prime de base de 2 000 € par an, comptez 200 à 800 € de surprime la première année, selon la durée de rétroactivité, le métier, le chiffre d'affaires, l'ancienneté et la sinistralité.
Procès-verbaux de réception signés, factures soldées, justificatifs de paiement, plans et descriptifs techniques, attestations des anciens assureurs, et la liste complète des chantiers de la période reprise (date, client, nature, montant HT). Certains assureurs demandent aussi des photos et une déclaration de non-sinistre. Voir notre guide sur l'attestation décennale.
C'est une période, même très courte, pendant laquelle aucun contrat ne couvre les chantiers ouverts. Pour l'éviter, signez le nouveau contrat avec reprise du passé avant de résilier l'ancien, et gardez quelques jours de chevauchement. En cas de difficulté à trouver un assureur, voyez notre guide décennale refusée.