Assurance Décennale Entreprise Générale du Bâtiment 2026
L’assurance décennale entreprise générale est particulière : vous pilotez tous corps d’état et sous-traitez une partie des travaux, mais vous portez la responsabilité décennale globale de l’ouvrage face au maître d’ouvrage. Vous devez assurer toutes vos activités déclarées et exiger l’attestation de chaque sous-traitant. Comptez entre 2 500 et 6 000 €/an et plus selon votre CA et le nombre d’activités.
Devis décennale entreprise générale
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- L’entreprise générale porte la responsabilité décennale globale de l’ouvrage face au maître d’ouvrage, même pour les lots sous-traités
- Vous devez déclarer toutes les activités réalisées en interne et exiger l’attestation décennale de chaque sous-traitant
- Fourchette indicative 2026 : 2 500 à 6 000 €/an et plus, selon le CA, le nombre d’activités et la part de gros œuvre
Pourquoi l’entreprise générale porte la responsabilité décennale de tout l’ouvrage
Une entreprise générale du bâtiment ne pose pas qu’une seule brique : elle prend en charge un chantier complet, coordonne les corps d’état et livre un ouvrage fini. C’est précisément ce rôle de titulaire du marché qui change tout sur le plan de l’assurance. En signant le marché avec le maître d’ouvrage, vous devenez constructeur au sens de l’article 1792-1 du Code civil, et la responsabilité de plein droit prévue par l’article 1792 du Code civil pèse sur vous.
Concrètement, cette responsabilité couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant 10 ans à compter de la réception des travaux (article 1792-4-1 du Code civil). Le maître d’ouvrage ne va pas chercher quel sous-traitant a mal posé la charpente : il se retourne contre vous, son interlocuteur unique. Cette obligation découle directement de la loi Spinetta du 4 janvier 1978, qui a posé le principe de l’assurance construction obligatoire.
Prenons un cas de terrain. Une entreprise générale livre une maison individuelle. Trois ans après réception, des fissures structurelles apparaissent, liées à un défaut de fondations réalisées par un sous-traitant. Le propriétaire assigne l’entreprise générale, pas le sous-traitant. C’est votre décennale qui répond en première ligne, à charge pour vous de vous retourner ensuite contre l’artisan fautif. Encore faut-il qu’il ait été assuré.
Quelles activités devez-vous déclarer sur votre contrat ?
La règle est simple à énoncer, plus délicate à appliquer : vous devez déclarer toutes les activités que vous réalisez vous-même, avec vos propres équipes. Chaque technique exercée en interne doit figurer nommément sur votre attestation décennale. Ce qui n’est pas déclaré n’est pas couvert, sans exception.
Le piège classique de l’entreprise générale est la frontière entre ce qui est exécuté en propre et ce qui est confié à un tiers. Deux cas de figure cohabitent souvent dans la même entreprise :
- Les activités réalisées en interne (terrassement, fondations, élévation des murs, dalle, parfois charpente) : elles relèvent de votre décennale et doivent y être déclarées une par une
- Les lots sous-traités (électricité, plomberie, peinture, menuiserie) : ils relèvent de la décennale du sous-traitant, mais votre responsabilité globale reste engagée face au client
- Les techniques non courantes (procédés hors DTU) : elles doivent faire l’objet d’une déclaration spécifique, car elles renchérissent fortement la prime et sont parfois exclues par défaut
Une entreprise générale qui réalise tout le gros œuvre en interne se rapproche, sur son contrat, du profil d’un multiservice bâtiment avec plusieurs activités cumulées. À l’inverse, une entreprise générale de pilotage qui sous-traite l’essentiel déclare peu d’activités propres, mais conserve sa responsabilité de titulaire. Ces deux profils ne paient pas le même prix, et c’est normal.
Exiger l’attestation décennale de chaque sous-traitant
C’est le réflexe le plus rentable, et le plus souvent négligé. Avant le démarrage de chaque lot, vous devez obtenir de chaque sous-traitant une attestation décennale en cours de validité. Cette vérification protège directement votre entreprise, pas seulement par formalisme.
Pourquoi cette exigence est vitale pour une entreprise générale. Si un sous-traitant non assuré cause un désordre décennal, le maître d’ouvrage vous poursuit, vous, et votre recours contre le sous-traitant se heurte à son absence de garantie. La charge financière reste alors sur votre seule décennale, voire sur votre patrimoine si le sinistre dépasse vos plafonds. À notre avis, accepter un sous-traitant sans contrôler son attestation est l’erreur la plus coûteuse du métier, bien avant le choix de la prime.
Sur l’attestation de chaque sous-traitant, vérifiez systématiquement :
- Les activités listées : elles doivent correspondre exactement au lot que vous lui confiez
- La période de validité : le contrat doit couvrir la date d’ouverture du chantier
- Le nom et l’agrément de l’assureur : consultables auprès de l’ACPR
- La conformité des mentions : raison sociale, numéro de contrat, exclusions éventuelles
Conservez chaque attestation pendant toute la durée de la garantie. En cas de sinistre tardif, c’est l’assureur de l’année d’ouverture du chantier qui répond : sans le document, vous perdez votre recours.
Combien coûte la décennale d’une entreprise générale en 2026 ?
Le prix d’une décennale d’entreprise générale est plus élevé que celui d’un artisan mono-activité, pour une raison logique : vous cumulez plusieurs activités déclarées, souvent du gros œuvre, et un chiffre d’affaires supérieur. Voici les fourchettes annuelles indicatives constatées en 2026, hors sinistralité aggravante. Elles varient selon le CA, l’expérience, la zone, la part de gros œuvre et l’assureur :
| Profil d’entreprise générale | Fourchette indicative / an |
|---|---|
| Entreprise générale de pilotage (sous-traitance majoritaire, peu d’activités propres) | 1 500 à 3 000 € |
| Entreprise générale, CA modéré, gros œuvre partiel en interne | 2 500 à 4 500 € |
| Entreprise générale, gros œuvre complet en interne, plusieurs activités | 3 500 à 6 000 € |
| Entreprise générale CA élevé, marchés importants, techniques non courantes | 6 000 € et plus |
* Fourchettes indicatives relevées en juin 2026, jamais un prix garanti. La prime exacte dépend du CA déclaré, du nombre d’activités et de la part de gros œuvre : seul un devis personnalisé fait foi.
Les principaux facteurs qui font bouger la prime d’une entreprise générale sont le chiffre d’affaires déclaré, le nombre d’activités exercées en interne, la part de gros œuvre (plus risquée que le second œuvre), l’ancienneté de l’entreprise, la sinistralité passée et le recours ou non à des techniques non courantes. Une entreprise qui réalise ses propres fondations et son élévation supporte mécaniquement une prime plus lourde qu’une structure qui se limite à coordonner des lots.
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Lancer le simulateur →Décennale et RC Pro : deux protections complémentaires
Pour une entreprise générale, la confusion entre décennale et RC Pro coûte cher. Ce sont deux garanties distinctes, complémentaires, qui couvrent des moments et des risques différents.
- La décennale est obligatoire (article L.241-1 du Code des assurances) : elle couvre les désordres de l’ouvrage pendant 10 ans après réception
- La RC Pro couvre les dommages causés aux tiers pendant le chantier, avant la réception : un dégât des eaux chez un riverain, un outil qui blesse un passant, la détérioration d’un bien voisin
La RC Pro n’est pas légalement obligatoire pour le BTP courant, mais elle est fortement recommandée et presque toujours exigée par les marchés et les maîtres d’ouvrage. Pour une entreprise générale qui fait intervenir plusieurs équipes sur un même site, le risque de dommage à un tiers est élevé. Beaucoup d’assureurs proposent un package décennale plus RC Pro, souvent à tarif réduit par rapport à deux contrats séparés. Compter, pour la part RC Pro seule, un ordre de grandeur indicatif de 100 à 600 €/an selon l’activité et les garanties.
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Obtenir mon devis →Ce qu’il NE faut PAS faire en entreprise générale
Le pilotage de plusieurs corps d’état multiplie les zones de flou, donc les erreurs d’assurance. À notre avis, ces trois fautes sont les plus lourdes de conséquences pour une entreprise générale.
1. Accepter un sous-traitant sans contrôler son attestation décennale
L’erreur : confier un lot à un artisan sur la foi d’un devis, sans demander son attestation. Pourquoi c’est risqué : si ce sous-traitant n’est pas assuré et cause un désordre décennal, le maître d’ouvrage se retourne contre vous, et votre recours contre lui est vide. La facture reste sur votre décennale, voire sur votre trésorerie. Quoi faire : exiger l’attestation de chaque sous-traitant avant le démarrage du lot, vérifier les activités et la période de validité, et archiver le document.
2. Sous-déclarer ses activités internes pour alléger la prime
L’erreur : ne déclarer que le gros œuvre alors que vos équipes réalisent aussi la charpente ou l’étanchéité. Pourquoi c’est risqué : l’activité non déclarée n’est pas couverte. Un sinistre sur cette activité entraîne un refus de garantie, et vous répondez seul des dommages. Quoi faire : lister précisément chaque technique exercée en interne et la faire figurer sur l’attestation, quitte à payer un peu plus cher pour être réellement couvert.
3. Croire que la décennale couvre tous les risques du chantier
L’erreur : penser qu’une bonne décennale rend la RC Pro inutile. Pourquoi c’est risqué : la décennale ne couvre que les désordres de l’ouvrage après réception. Un dégât des eaux chez le voisin pendant le chantier, sans RC Pro, reste à votre charge. Quoi faire : souscrire une RC Pro en complément, idéalement packagée avec la décennale, et vérifier les plafonds par type de dommage.
FAQ : décennale entreprise générale du bâtiment
Une entreprise générale du bâtiment est-elle responsable des travaux de ses sous-traitants ?
Oui. En tant que titulaire du marché, l’entreprise générale porte la responsabilité décennale globale de l’ouvrage face au maître d’ouvrage, y compris pour les travaux confiés à ses sous-traitants. Elle peut ensuite se retourner contre le sous-traitant fautif, à condition que celui-ci dispose d’une décennale valide. D’où l’intérêt d’exiger systématiquement l’attestation de chaque sous-traitant avant le démarrage du chantier.
Quelles activités une entreprise générale doit-elle déclarer sur son contrat décennale ?
Toutes celles qu’elle réalise elle-même, avec ses propres équipes. Si vous coulez les fondations et montez le gros œuvre en interne, ces activités doivent figurer sur votre attestation. Les lots que vous sous-traitez (électricité, plomberie, peinture) relèvent de la décennale du sous-traitant. Une activité exercée mais non déclarée n’est pas couverte.
Combien coûte une assurance décennale pour une entreprise générale du bâtiment ?
Les fourchettes indicatives 2026 vont d’environ 2 500 à 6 000 €/an et plus, selon le chiffre d’affaires, le nombre d’activités déclarées, la part de gros œuvre et la sinistralité. Une entreprise qui réalise du gros œuvre en interne et cumule plusieurs corps d’état paie davantage qu’une entreprise de pilotage qui sous-traite l’essentiel. Seul un devis personnalisé fait foi.
Faut-il vérifier la décennale des sous-traitants ?
Oui, c’est indispensable. Exigez de chaque sous-traitant une attestation décennale en cours de validité, mentionnant les activités confiées et la période couverte. Sans cette vérification, un sous-traitant non assuré laisse la charge d’un sinistre sur votre seule décennale, voire sur votre patrimoine si le désordre dépasse vos garanties. Conservez ces attestations pendant toute la durée de la garantie.
La RC Pro est-elle suffisante pour une entreprise générale ?
Non. La RC Pro couvre les dommages causés aux tiers pendant le chantier, avant la réception. La décennale couvre les désordres de l’ouvrage pendant 10 ans après réception. Les deux sont complémentaires, pas substituables. La décennale est obligatoire pour le constructeur au titre de l’article L.241-1 du Code des assurances ; la RC Pro est fortement recommandée et souvent exigée par les marchés.
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Obtenir mon devis →Sources officielles
- Légifrance : article 1792 du Code civil (responsabilité décennale du constructeur)
- Légifrance : article 1792-4-1 du Code civil (délai de 10 ans à compter de la réception)
- Légifrance : article L.241-1 du Code des assurances (obligation d’assurance décennale)
- Légifrance : article L.243-3 du Code des assurances (sanctions en cas de défaut d’assurance)
- Légifrance : loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 (loi Spinetta)
- Service-public.fr : la garantie décennale (fiche professionnelle)
- AQC, Agence Qualité Construction (sinistralité et pathologies du bâtiment)
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé. Pour votre situation, demandez un devis ou consultez un courtier. Données vérifiées au 25 juin 2026.