Malfaçons, désordres et litiges de la construction : les chiffres clés 2026

Causes de litiges, désordres décennaux, coût des réparations, fraudes à la rénovation et indemnisations : chaque chiffre daté et relié à sa source.

Combien va vous coûter votre décennale ?

Question 1/2
Quel est votre métier ?

Gratuit et sans engagement

  • 23 500+artisans assurés
  • -30 %d’écart de prime
  • 20+assureurs comparés
Trustpilot : 4,9 sur 5 Google : 4,8 sur 5

Mis à jour en novembre 2026 · 9 min de lecture

Sommaire 8 parties
  1. Méthodologie
  2. Les litiges de la construction : causes et fréquence
  3. Les désordres décennaux : la cartographie de l'AQC
  4. Le coût des désordres et des réparations
  5. Les arnaques à la rénovation et les signalements
  6. Réception, réserves et indemnisation des malfaçons
  7. Les grandes tendances 2026
  8. Sources officielles

Cette page rassemble une base de données chiffrée sur les malfaçons, les désordres décennaux et les litiges de la construction en France. Chaque statistique est datée et reliée à sa source : Agence Qualité Construction (AQC), DGCCRF, France Assureurs, Médiateur des entreprises, Caisse des Dépôts et enquête CLCV. Vous y trouverez les causes de litiges, la cartographie des désordres décennaux, le coût des réparations, l'ampleur des fraudes à la rénovation, puis le rôle des assurances construction. Journalistes, blogueurs et comparateurs peuvent citer ces chiffres avec un lien vers cette page.

Les 5 chiffres à retenir

  • 61 % des désordres décennaux concernent l'étanchéité à l'eau, premier poste de sinistralité (AQC, base Sycodés, 2025).
  • 762 € à 250 000 € HT : la fourchette de coût de réparation d'un désordre décennal selon sa nature (AQC, 2025).
  • 45 % à 54 % des litiges de la construction portent sur des malfaçons, première cause de litige (enquête CLCV, association de consommateurs, 2014).
  • 34 % des entreprises de rénovation énergétique contrôlées présentaient des irrégularités, sur des contrôles ciblés (DGCCRF, 2024).
  • 2 319 millions d'euros de prestations versées par l'assurance construction en 2024, en hausse de 12,8 % sur un an (France Assureurs).

Méthodologie

Chaque chiffre provient d'une source officielle, institutionnelle ou d'une enquête identifiée par son nom et son année, avec un lien direct vers la donnée d'origine (rapport, communiqué, base statistique). Lorsqu'une statistique provient d'une association de consommateurs ou d'une enquête datée, comme l'enquête CLCV de 2014, nous le précisons. Dernière mise à jour des données : juin 2026.

Trois périmètres sont distingués à chaque chiffre : les litiges entre un client et un artisan, les litiges entre entreprises (B2B) et les désordres relevant de la garantie décennale.

Les litiges de la construction : causes et fréquence

La donnée publique la plus complète sur la répartition des causes de litiges entre clients et constructeurs provient d'une enquête de la CLCV, association de consommateurs, menée en 2014 sur plus de 250 dossiers. Faute de relevé officiel plus récent sur ce sujet précis, elle reste la référence, à lire comme une tendance datée.

Cause de litigePart des litigesAnnéeSource
Malfaçons, toutes catégories de travaux45 % (1re cause)2014CLCV
Malfaçons, construction de maison neuve54 %2014CLCV
Non-conformité de l'ouvrage au contrat ou au devis21 %2014CLCV
Retards de livraison ou d'exécution17 %2014CLCV
Absence de levée des réserves à la réception9 %2014CLCV
Dépôt de bilan ou faillite du constructeur en cours de chantier8 %2014CLCV
Clients exposés à un retard ou à une faillite (cumul)environ 25 % (contre 23 % l'année précédente)2014CLCV

L'écart entre 45 % et 54 % s'explique simplement : un chantier de maison complète multiplie les corps de métier et donc les points de défaillance possibles. La non-conformité, deuxième cause, souligne l'intérêt d'un devis précis et d'un écrit signé avant le démarrage. Le retard n'est pas une malfaçon au sens juridique, mais il pèse lourd dans la relation client. Le dépôt de bilan du constructeur est en partie couvert, dans un contrat de construction de maison individuelle, par la garantie de livraison.

Source : CLCV, litiges en matière de travaux et de construction (enquête 2014).

IndicateurChiffreAnnéeSource
Part de la construction dans les saisines du Médiateur des entreprises (litiges B2B)environ 20 %, soit 1 dossier sur 52024Médiateur des entreprises

Ce chiffre porte sur des litiges entre entreprises, majoritairement liés aux délais de paiement entre donneur d'ordre et sous-traitant, et non sur les litiges entre un particulier et son artisan. Il éclaire la tension financière interne au secteur.

Source : Médiateur des entreprises, rapport d'activité 2024, relayé par Batiactu.

Les désordres décennaux : la cartographie de l'AQC

Quand le litige porte sur un désordre touchant la solidité ou l'usage de l'ouvrage, on entre dans le champ de la garantie décennale. L'Agence Qualité Construction observe ces désordres via sa base Sycodés, alimentée par les rapports d'expertise dommages-ouvrage : la référence du secteur sur les désordres réellement constatés et indemnisés.

Désordre ou indicateurType d'ouvrageChiffreSource
Désordres liés à l'étanchéité à l'eauTous ouvrages61 % des désordres décennauxAQC, Sycodés 2025
Dommages recensés dans la base Sycodés depuis 2000Tous ouvragesenviron 480 000, près de 25 000 par an, classés en 74 éléments d'ouvrageAQC, Sycodés 2025
Couvertures en petits éléments (tuiles, ardoises)Maison individuelle9,7 % des sinistres (1er poste en fréquence)AQC, Flop 10 2025
Revêtements de sols intérieursMaison individuelle8,9 % des sinistres, 14 % des coûts (1er poste de coût)AQC, Flop 10 2025
Fondations superficiellesMaison individuelle9,8 % des coûts (2e poste de coût)AQC, Flop 10 2025
Équipements sanitairesLogement collectif10,5 % des sinistres (1er poste en fréquence)AQC, Flop 10 2025

Infiltrations en toiture, en façade ou par les menuiseries dominent la sinistralité : les couvreurs, façadiers et étanchéistes sont en première ligne. Exemple courant : un relevé d'étanchéité mal traité au pied d'un acrotère laisse passer l'eau des années plus tard dans le logement du dessous. Un désordre de sol, moins fréquent, coûte souvent plus cher à reprendre (chape ou carrelage décollé sur toute une pièce), d'où l'enjeu pour les carreleurs. Les fondations touchent la solidité même de l'ouvrage, au cœur de la décennale des maçons. En immeuble, une fuite de salle de bain se propage vite au logement du dessous : un risque central pour les plombiers. Ces écarts de sinistralité expliquent les écarts de prime entre métiers.

Sources : AQC, désordres décennaux, Flop 10 de la sinistralité française (2025) ; AQC, base Sycodés, analyse des sinistres bâtiments (2025) ; AQC, Flop 10 maisons individuelles (2025) ; AQC, Flop 10 logements collectifs (2025).

Le coût des désordres et des réparations

La gravité d'un désordre se mesure aussi à son coût de réparation. L'AQC fournit des ordres de grandeur issus directement des indemnisations versées.

IndicateurChiffreAnnéeSource
Coût de réparation d'un désordre décennal selon sa naturede 762 € HT à 250 000 € HT (amplitude de plus de 300 fois)2025AQC, Sycodés
Indemnisation des défauts d'étanchéité (toiture, sous-sol)fréquemment plus de 20 000 €2025AQC, Sycodés
Revêtements de sols, part des coûts de réparation en logement collectif11,8 % (1er poste de coût)2025AQC, Flop 10

L'eau qui s'infiltre n'abîme pas seulement le point d'entrée : elle dégrade les ouvrages en aval (isolation, plâtrerie, peinture, parfois la structure), et la réparation porte sur toute une chaîne de dommages. Un seul sinistre lourd peut dépasser la trésorerie d'une entreprise : c'est exactement ce que prend en charge l'assurance décennale. Pour le sol, la vigilance porte sur le choix des sous-couches et des supports, là où se concentrent la plupart des reprises. Des exemples concrets sont détaillés sur la page sinistres décennaux : cas réels.

Sources : AQC, désordres décennaux, Flop 10 (2025) ; AQC, Flop 10 logements collectifs (2025).

Les arnaques à la rénovation et les signalements

Une part des litiges relève de pratiques frauduleuses, en particulier dans la rénovation énergétique, dopée par les aides publiques. La DGCCRF publie chaque année le bilan de ses enquêtes.

IndicateurChiffreAnnéeSource
Entreprises de rénovation énergétique contrôlées en irrégularité34 % (contrôles ciblés à partir de signalements)2024DGCCRF
Établissements contrôlés en rénovation énergétiqueprès de 1 000 (+20 % par rapport à 2023)2024DGCCRF
Procès-verbaux pénaux transmis à la justice140, surtout pour pratiques commerciales trompeuses et démarchage agressif2024DGCCRF
Signalements SignalConso liés à la rénovation énergétique26 000 (23 000 en 2023, 10 000 en 2022)2024DGCCRF
Préjudice moyen par victime d'arnaque à la rénovationenviron 20 000 € (ordre de grandeur)2024DGCCRF

Les contrôles étant ciblés sur des entreprises déjà signalées, le taux de 34 % ne vaut pas pour l'ensemble du secteur. Le préjudice correspond souvent à un acompte versé pour des travaux jamais réalisés ou bâclés, parfois financé par un crédit. Pour un artisan sérieux, une attestation de décennale à jour, un devis précis et un écrit signé sont les meilleurs gages de confiance face au client. Voir aussi nos chiffres de la rénovation énergétique.

Source : DGCCRF, des sanctions plus fortes contre la fraude dans la rénovation énergétique (bilan 2024).

Réception, réserves et indemnisation des malfaçons

Le système d'assurance construction français repose sur la responsabilité décennale du constructeur et sur l'assurance dommages-ouvrage du maître d'ouvrage, qui préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre qu'un tribunal désigne le responsable.

IndicateurChiffreAnnée
Prestations versées par l'assurance construction2 319 M€ (+12,8 %)2024
Taux de sinistralité de l'assurance construction73 % (contre 67 % en 2023)2024
Part de la RC décennale dans le chiffre d'affaires de l'assurance construction74 %2024
Provisions techniques de l'assurance construction29,7 Md€, soit environ 9,3 années de primes2024
Évolution des cotisations dommages-ouvrage+3,8 %2024

Un désordre décennal peut se déclarer dix ans après la réception : les assureurs provisionnent donc sur de très longues durées. Plus de désordres indemnisés se traduit tôt ou tard par des primes plus fermes ; pour un artisan, faire jouer la concurrence entre assureurs au renouvellement est la réponse la plus efficace. La décennale, qui pèse 74 % du marché, reste l'assurance structurante du secteur.

Source : France Assureurs, l'assurance construction en 2024.

RepèreContenuSource
Retenue de garantie en contrat de construction de maison individuelle5 % du prix, consignable lorsque des réserves sont formulées à la réception, bloquée jusqu'à leur levéeCaisse des Dépôts

Une réception avec réserves a donc des conséquences financières immédiates pour l'entreprise. La levée des réserves relève de la garantie de parfait achèvement, et la protection des tiers pendant le chantier de la RC Pro.

Source : Caisse des Dépôts, contrat de construction de maison individuelle.

Les grandes tendances 2026

La malfaçon, premier déclencheur de litige, mesurée par des données anciennes

La seule photographie chiffrée de la répartition des causes de litiges provient de l'enquête CLCV de 2014, où les malfaçons dominent, de 45 % toutes catégories à 54 % en maison neuve. On indemnise des milliards d'euros de désordres chaque année, sans recensement public actualisé des causes de conflit entre clients et artisans : un angle mort statistique du secteur.

Une sinistralité concentrée sur l'enveloppe et l'eau

Avec 61 % des désordres décennaux liés à l'étanchéité à l'eau, et les couvertures, les fondations et les sols en tête des classements de l'AQC, la sinistralité se loge là où l'eau s'infiltre et là où la reprise coûte cher. Cela explique pourquoi les métiers de l'enveloppe (couverture, étanchéité) comptent, avec le gros œuvre, parmi les primes les plus élevées, tandis que les sols pèsent lourd en coût de réparation.

La fraude à la rénovation énergétique, un risque de litige à part entière

Près de 1 000 contrôles ciblés, 34 % d'irrégularités sur cet échantillon, 140 procès-verbaux pénaux et 26 000 signalements en un an : la rénovation dopée par les aides publiques attire des acteurs frauduleux. Ce risque, distinct du désordre technique de bonne foi, pèse sur la réputation de tout le secteur, ce qui rend la transparence, l'écrit et l'attestation d'assurance d'autant plus utiles aux artisans sérieux.

Un système assurantiel qui absorbe la hausse des indemnisations

Avec 2 319 millions d'euros de prestations en 2024 (+12,8 %) et un taux de sinistralité passé de 67 % à 73 %, l'assurance construction absorbe une montée des malfaçons indemnisées. La décennale, 74 % du marché, en reste la colonne vertébrale, complétée par la dommages-ouvrage qui préfinance les travaux. Cette pression se répercute sur les tarifs : comparer plusieurs assureurs devient le meilleur levier pour payer le juste prix.

Sources officielles

  • AQC : Agence Qualité Construction (désordres décennaux, base Sycodés, coût des réparations)
  • DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (rénovation énergétique, SignalConso)
  • France Assureurs : marché de l'assurance construction (prestations, sinistralité, décennale, dommages-ouvrage)
  • Médiateur des entreprises : médiation des litiges inter-entreprises (B2B) du secteur de la construction
  • CLCV : enquête de l'association de consommateurs sur les litiges de travaux et de construction (2014, donnée datée et attribuée)
  • Caisse des Dépôts : retenue de garantie du contrat de construction de maison individuelle

Données publiques, à jour de juin 2026. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page. Pour le contexte sectoriel, consultez aussi notre dossier assurance décennale et BTP.

Votre décennale au meilleur prix

Plus de 20 assureurs comparés selon votre métier, le meilleur prix obtenu par notre réseau. Tout se fait en ligne, gratuitement et sans engagement, et votre attestation est disponible dès la souscription.

Combien va vous coûter votre décennale ?

Question 1/2
Quel est votre métier ?

Gratuit et sans engagement

  • 23 500+artisans assurés
  • -30 %d’écart de prime
  • 20+assureurs comparés
Trustpilot : 4,9 sur 5 Google : 4,8 sur 5

Les autres dossiers chiffrés

Approfondissez chaque thème, chiffre par chiffre.

Cette page rassemble une base de données chiffrée sur les malfaçons, les désordres décennaux et les litiges de la construction en France, à jour 2026. Chaque statistique est datée et reliée à sa source : Agence Qualité Construction (AQC), DGCCRF, France Assureurs, Médiateur des entreprises et enquête CLCV. Vous y trouverez les causes de litiges, la cartographie des désordres décennaux, le coût des réparations, l’ampleur des arnaques à la rénovation, puis le rôle des assurances construction. Journalistes, blogueurs et comparateurs sont invités à citer ces chiffres avec un lien vers cette page.

Méthodologie

Chaque chiffre publié ici provient d’une source officielle, institutionnelle ou d’une enquête identifiée par son nom et son année. Les liens externes pointent directement vers la donnée d’origine (rapport, communiqué, base statistique). La dernière mise à jour de cette page date de juin 2026. Lorsqu’une statistique provient d’une association de consommateurs ou d’une enquête datée, comme l’enquête CLCV de 2014, nous le précisons explicitement et ne la présentons jamais comme une donnée officielle. Un point d’attention récurrent : les litiges entre un client et un artisan ne se confondent pas avec les litiges entre entreprises (B2B), ni avec les seuls désordres relevant de la garantie décennale. Nous distinguons ces périmètres à chaque chiffre.

T1 · Les litiges de la construction : causes et fréquence

Avant d’examiner les désordres techniques, il faut comprendre ce qui oppose concrètement un client et un constructeur. La donnée chiffrée publique la plus complète sur la répartition des causes de litiges provient d’une enquête de la CLCV, une association de consommateurs. Elle date de 2014, ce que nous signalons systématiquement, faute de relevé officiel plus récent sur ce sujet précis.

Les malfaçons sont la 1re cause de litige, avec 45 % des cas

Selon une enquête de la CLCV (association de consommateurs), 2014, les malfaçons constituent la première cause de litiges dans la construction, toutes catégories de travaux confondues, avec 45 % des dossiers. L’enquête repose sur plus de 250 dossiers analysés. Comme cette donnée émane d’une association et remonte à 2014, nous la citons comme une indication de tendance, pas comme une statistique officielle. Elle reste la photographie publique la plus complète de ce qui déclenche un conflit sur un chantier.

54 % des litiges sur une maison neuve portent sur des malfaçons

D’après la même enquête de la CLCV (2014), la part des malfaçons grimpe à 54 % lorsqu’on isole les seuls travaux de construction de maison neuve. L’écart avec les 45 % toutes catégories s’explique simplement : un chantier de maison complète multiplie les corps de métier et donc les points de défaillance possibles. Un défaut de fondation, une étanchéité ratée ou un défaut de pose suffisent à enclencher un litige lourd.

La non-conformité représente 21 % des litiges

Toujours selon l’enquête de la CLCV (2014), la non-conformité de l’ouvrage par rapport au contrat ou au devis arrive en deuxième position, avec 21 % des litiges. Concrètement, l’ouvrage livré ne correspond pas à ce qui avait été commandé : matériau différent, dimension non respectée, prestation absente. Pour un artisan, ce poste rappelle l’importance d’un devis précis et d’un écrit signé avant le démarrage.

Les retards de livraison comptent pour 17 % des litiges

D’après l’enquête de la CLCV (2014), les retards de livraison ou d’exécution représentent 17 % des litiges, troisième cause de conflit. Un chantier qui s’éternise génère préjudice et tension, surtout quand le client a quitté son ancien logement. Le retard n’est pas une malfaçon au sens juridique, mais il pèse lourd dans la perception de la relation client.

Les dépôts de bilan du constructeur pèsent 8 % des litiges

D’après l’enquête de la CLCV (2014), 8 % des litiges sont liés à un dépôt de bilan ou à une faillite du constructeur en cours de chantier, et 9 % à l’absence de levée des réserves notées à la réception. Le dépôt de bilan est l’un des scénarios les plus redoutés par un maître d’ouvrage : le chantier s’arrête, le solde est versé, et l’entreprise disparaît. C’est précisément le type de risque que couvre, en partie, la garantie de livraison dans un contrat de construction de maison individuelle.

Environ 1 client sur 4 confronté à un retard ou une faillite

En cumulant retards et dépôts de bilan, l’enquête de la CLCV (2014) estime qu’environ un client sur quatre, soit 25 %, est exposé à l’un de ces deux aléas calendaires ou financiers, contre 23 % l’année précédente. Ce cumul montre qu’au-delà du défaut technique, le risque économique et temporel pèse fortement sur les chantiers. À notre avis, ce point reste sous-estimé par les particuliers qui se focalisent sur la qualité du geste.

Le BTP représente 1 dossier de médiation inter-entreprises sur 5

Selon le Médiateur des entreprises (rapport d’activité 2024), le secteur de la construction concentre environ 20 % des saisines, soit un dossier de médiation sur cinq. Attention au périmètre : il s’agit ici de litiges entre entreprises (B2B), majoritairement liés aux délais de paiement entre un donneur d’ordre et son sous-traitant, et non de litiges entre un particulier et son artisan. Ce chiffre éclaire la tension financière interne au secteur, pas la relation au consommateur.

T2 · Les désordres décennaux : la cartographie de l’AQC

Quand le litige porte sur un désordre touchant la solidité ou l’usage de l’ouvrage, on entre dans le champ de la garantie décennale. L’Agence Qualité Construction observe ces désordres via sa base Sycodés. Ces données dessinent une cartographie précise des pathologies du bâtiment, poste par poste et par type de construction.

61 % des désordres décennaux concernent l’étanchéité à l’eau

D’après l’AQC (base Sycodés, 2025), 61 % des désordres décennaux sont liés à l’étanchéité à l’eau. Infiltrations en toiture, en façade ou par les menuiseries dominent largement la sinistralité. Ce constat concerne en premier lieu les couvreurs, façadiers et étanchéistes. Un exemple courant : une toiture-terrasse dont le relevé d’étanchéité est mal traité au pied d’un acrotère finit, des années plus tard, par laisser passer l’eau dans le logement situé en dessous.

480 000 dommages recensés dans la base Sycodés depuis 2000

Selon l’AQC (base Sycodés, 2025), la base recense environ 480 000 dommages depuis 2000, alimentée par près de 25 000 dommages chaque année issus de rapports d’expertise dommages-ouvrage. Ces désordres sont classés en 74 éléments d’ouvrage. Cette masse de données fait de Sycodés la référence statistique du secteur sur les désordres réellement constatés et indemnisés, et non sur de simples déclarations.

Les couvertures en petits éléments : 9,7 % des sinistres en maison individuelle

Selon le Flop 10 de l’AQC en maison individuelle (2025), les couvertures en petits éléments, tuiles et ardoises, arrivent en tête des désordres en fréquence, avec 9,7 % des sinistres. C’est le premier poste en effectif pour ce type de construction. La pose de toiture concentre donc une part notable du risque décennal pour les métiers de la couverture, ce qui pèse sur leur prime.

Les revêtements de sols intérieurs : 14 % des coûts en maison individuelle

D’après le Flop 10 de l’AQC en maison individuelle (2025), les revêtements de sols intérieurs représentent 8,9 % des sinistres en fréquence mais 14 % des coûts de réparation, premier poste de coût. L’écart est révélateur : un désordre de sol, moins fréquent qu’une infiltration, coûte souvent plus cher à reprendre. Reprendre une chape ou un carrelage décollé sur toute une pièce, meubles déposés, fait grimper la facture rapidement.

Les fondations superficielles : 9,8 % des coûts en maison individuelle

Selon le Flop 10 de l’AQC en maison individuelle (2025), les fondations superficielles représentent 9,8 % des coûts de réparation, deuxième poste le plus coûteux. Un défaut de fondation touche la solidité même de l’ouvrage, au cœur de la garantie décennale. C’est l’un des risques majeurs pour les métiers du gros œuvre et de la maçonnerie, ce qui explique des primes plus élevées sur ces activités.

Les équipements sanitaires : 10,5 % des sinistres en logement collectif

D’après le Flop 10 de l’AQC en logement collectif (2025), les équipements sanitaires arrivent en première position des désordres, avec 10,5 % des sinistres. Fuites, raccordements défectueux et reprises d’étanchéité y sont fréquents. En immeuble, une fuite dans une salle de bain se propage vite au logement du dessous, ce qui transforme un petit défaut en sinistre coûteux touchant plusieurs parties.

T3 · Le coût des désordres et des réparations

La gravité d’un désordre ne se mesure pas seulement à sa fréquence, mais aussi à son coût de réparation. Sur ce point, l’AQC fournit des ordres de grandeur issus directement des indemnisations versées. Ils montrent une dispersion considérable, qui justifie à elle seule l’existence de la garantie décennale.

De 762 € à 250 000 € HT pour réparer un désordre décennal

Selon l’AQC (Sycodés, 2025), le coût de réparation d’un désordre décennal s’échelonne de 762 € HT à 250 000 € HT selon la nature du désordre. Cette amplitude de plus de 300 fois entre le bas et le haut de la fourchette dit l’essentiel : un seul sinistre lourd peut largement dépasser la trésorerie d’un artisan. Sans assurance décennale, c’est le patrimoine personnel du professionnel qui est engagé.

Les défauts d’étanchéité dépassent fréquemment 20 000 € d’indemnisation

D’après l’AQC (Sycodés, 2025), les défauts d’étanchéité, en toiture comme en sous-sol, génèrent fréquemment des indemnisations dépassant 20 000 €. La logique est simple : l’eau qui s’infiltre n’abîme pas seulement le point d’entrée, elle dégrade les ouvrages situés en aval, isolation, plâtrerie, peinture, parfois la structure. La réparation porte alors sur une chaîne de dommages, pas sur un seul élément.

Les revêtements de sols : 1er poste de coût en logement collectif

Selon le Flop 10 de l’AQC en logement collectif (2025), les revêtements de sols constituent le premier poste de coût des réparations en logement collectif, avec 11,8 % des coûts. Comme en maison individuelle, le sol coûte cher à reprendre car il faut souvent libérer la pièce et déposer l’existant. À notre avis, ce poste mérite une vigilance particulière au moment du choix des sous-couches et des supports, là où se nichent la plupart des reprises.

Métier, statut, chiffre d’affaires : notre simulateur de prix assurance décennale vous donne une fourchette indicative en une minute, sans laisser vos coordonnées.

T4 · Les arnaques à la rénovation et les signalements

Au-delà du désordre technique de bonne foi, une part des litiges relève de pratiques frauduleuses, particulièrement dans la rénovation énergétique, dopée par les aides publiques. La DGCCRF, administration officielle de contrôle, publie chaque année un bilan de ses enquêtes. Les chiffres ci-dessous proviennent de son bilan 2024.

34 % des entreprises de rénovation énergétique contrôlées en irrégularité

Selon la DGCCRF (2024), 34 % des entreprises de rénovation énergétique contrôlées présentaient des manquements graves ou des irrégularités. Une précision indispensable : ces contrôles sont ciblés à partir de signalements, ils ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble du secteur, mais d’un échantillon déjà jugé à risque. Le taux réel d’irrégularité sur toutes les entreprises de rénovation est nécessairement plus faible.

Près de 1 000 établissements contrôlés, en hausse de 20 %

D’après la DGCCRF (2024), près de 1 000 établissements ont été ciblés et contrôlés en rénovation énergétique, soit une progression de 20 % par rapport à 2023. Cette intensification traduit la priorité donnée à ce secteur, où les aides publiques attirent des acteurs peu scrupuleux. La rénovation énergétique est devenue un terrain d’enquête majeur pour l’administration.

140 procès-verbaux pénaux transmis à la justice

Selon la DGCCRF (2024), 140 procès-verbaux pénaux ont été transmis à la justice, principalement pour pratiques commerciales trompeuses et démarchage agressif. Cette suite pénale dépasse la simple sanction administrative : elle vise des comportements relevant du délit. Le démarchage à domicile reste le canal privilégié de ces pratiques dans la rénovation.

26 000 signalements liés à la rénovation énergétique en 2024

Selon la DGCCRF (SignalConso, 2024), la plateforme SignalConso a reçu 26 000 signalements liés à la rénovation énergétique, contre 23 000 en 2023 et 10 000 en 2022. La progression est nette et continue. Elle traduit autant la montée des litiges qu’une connaissance accrue de l’outil de signalement par les particuliers. Pour situer ce volume, voir aussi nos chiffres de la rénovation énergétique.

Un préjudice moyen d’environ 20 000 € par victime d’arnaque

Selon la DGCCRF (2024), le préjudice moyen estimé par victime d’arnaque à la rénovation se situe autour de 20 000 €, à titre d’ordre de grandeur. Ce montant correspond souvent à un acompte versé pour des travaux jamais réalisés ou bâclés, parfois financé par un crédit que la victime continue de rembourser. C’est l’un des litiges les plus destructeurs pour un ménage, car il combine perte financière et engagement de crédit.

T5 · Réception, réserves et indemnisation des malfaçons

Une fois la malfaçon constatée, qui paie la réparation, et selon quel mécanisme ? Le système d’assurance construction français repose sur la responsabilité décennale du constructeur et sur l’assurance dommages-ouvrage du maître d’ouvrage. Les chiffres ci-dessous, issus de France Assureurs, mesurent le poids financier de ce système en 2024.

2 319 millions d’euros de prestations versées en 2024

Selon France Assureurs (2024), les assureurs ont versé 2 319 millions d’euros de prestations en assurance construction en 2024, en hausse de 12,8 % sur un an. Cette montée des indemnisations traduit une sinistralité construction au plus haut. C’est l’argent qui finance concrètement la réparation des désordres et des malfaçons relevant de la décennale partout en France.

Un taux de sinistralité de 73 % en 2024, contre 67 % en 2023

D’après France Assureurs (2024), le taux de sinistralité de l’assurance construction est passé à 73 % en 2024, contre 67 % l’année précédente. La dégradation est nette. Plus de désordres indemnisés signifie tôt ou tard des primes plus fermes pour les artisans, selon le mécanisme classique de l’assurance. La hausse des malfaçons indemnisées se répercute sur le coût de la couverture.

La RC décennale concentre 74 % du marché de l’assurance construction

Selon France Assureurs (2024), la responsabilité civile décennale concentre 74 % du chiffre d’affaires de l’assurance construction. C’est le cœur du système d’indemnisation des malfaçons, devant la dommages-ouvrage. Ce poids confirme que la décennale est l’assurance structurante du secteur, celle qui finance l’essentiel de la réparation des désordres après réception.

29,7 milliards d’euros de provisions mobilisées par les assureurs

Selon France Assureurs (2024), l’assurance construction immobilise 29,7 milliards d’euros de provisions techniques, l’équivalent d’environ 9,3 années de primes. Les cotisations dommages-ouvrage ont elles progressé de 3,8 % sur l’année. Cette particularité tient à la nature longue du risque : un désordre décennal peut se déclarer dix ans après la réception. Les assureurs doivent donc provisionner sur de très longues durées pour pouvoir indemniser les malfaçons découvertes tardivement, sans attendre qu’un tribunal désigne le responsable.

Une retenue de garantie de 5 % consignable en cas de réserves

Selon la Caisse des Dépôts (cadre du contrat de construction de maison individuelle), le maître d’ouvrage peut consigner une retenue de garantie de 5 % du prix lorsque des réserves sont formulées à la réception. Ce mécanisme légal protège le client : la somme reste bloquée jusqu’à la levée effective des réserves. Pour un artisan, il rappelle qu’une réception avec réserves a des conséquences financières immédiates, au-delà de la garantie décennale. La protection des tiers, pendant le chantier comme après la livraison, relève, elle, d’une autre couverture, détaillée sur notre page RC Pro.

Les grandes tendances 2026

Mis bout à bout, ces chiffres dessinent quatre dynamiques majeures sur les malfaçons, les désordres et les litiges de la construction en 2026.

La malfaçon reste le premier déclencheur de litige, mais sa mesure souffre d’un déficit de données récentes. La seule photographie chiffrée de la répartition des causes de litiges provient d’une enquête de la CLCV de 2014, dans laquelle les malfaçons dominent, de 45 % toutes catégories à 54 % en maison neuve. Faute de relevé officiel plus récent, cette donnée garde sa valeur de tendance, à condition d’être toujours datée. C’est un angle mort statistique du secteur : on indemnise des milliards de désordres chaque année, mais sans recensement public actualisé des causes de conflit entre clients et artisans.

La sinistralité technique se concentre sur l’enveloppe et l’eau. Avec 61 % des désordres décennaux liés à l’étanchéité à l’eau, et des postes comme les couvertures, les fondations et les sols en tête des classements de l’AQC, la sinistralité se loge là où l’eau s’infiltre et là où la reprise coûte cher. Cette réalité explique pourquoi les métiers de l’enveloppe (couverture, étanchéité) comptent, avec le gros œuvre, parmi les primes les plus élevées, tandis que les sols, moins fréquents en sinistre, pèsent lourd en coût de réparation. La base Sycodés, avec ses 480 000 dommages, donne à ce constat une assise solide.

La fraude à la rénovation énergétique s’installe comme un risque de litige à part entière. Près de 1 000 contrôles ciblés, 34 % d’irrégularités sur cet échantillon, 140 procès-verbaux pénaux et 26 000 signalements en un an : la rénovation dopée par les aides publiques attire des acteurs frauduleux. Ce risque, distinct du désordre technique de bonne foi, frappe surtout les particuliers démarchés, avec un préjudice moyen lourd. Il pèse sur la réputation de tout le secteur, y compris des artisans sérieux, ce qui rend la transparence et l’écrit d’autant plus importants.

Le système assurantiel encaisse une hausse marquée des indemnisations. Avec 2 319 millions d’euros de prestations versées en 2024, en hausse de 12,8 %, et un taux de sinistralité passé de 67 % à 73 %, l’assurance construction absorbe une montée des malfaçons indemnisées. La responsabilité décennale, qui concentre 74 % du marché, reste la colonne vertébrale de cette réparation, complétée par la dommages-ouvrage qui préfinance les travaux. Cette pression sinistralité se traduit tôt ou tard sur le tarif de la décennale, déjà orienté à la hausse pour les artisans.

FAQ : malfaçons, désordres et litiges de la construction

Quelle est la première cause de litige dans la construction ?

Selon une enquête de la CLCV (association de consommateurs), 2014, les malfaçons sont la première cause de litiges dans la construction, avec 45 % des litiges toutes catégories de travaux confondues et jusqu’à 54 % pour la seule construction de maison neuve. Cette enquête reste la principale donnée chiffrée publique sur la répartition des causes : nous la datons systématiquement. Viennent ensuite la non-conformité (21 %) et les retards de livraison (17 %).

Combien coûte la réparation d’un désordre décennal ?

Selon l’Agence Qualité Construction (AQC), 2025, le coût de réparation d’un désordre décennal s’échelonne de 762 € HT à 250 000 € HT selon la nature du désordre. Les défauts d’étanchéité, en toiture ou en sous-sol, génèrent fréquemment des indemnisations dépassant 20 000 €. Cette amplitude explique pourquoi un seul sinistre lourd peut dépasser la trésorerie d’un artisan non assuré.

Quel désordre de construction est le plus fréquent ?

Selon l’AQC (base Sycodés, 2025), 61 % des désordres décennaux concernent l’étanchéité à l’eau, premier poste de la sinistralité. En maison individuelle, le défaut le plus fréquent en effectif est la couverture en petits éléments, tuiles et ardoises, avec 9,7 % des sinistres. En logement collectif, ce sont les équipements sanitaires qui arrivent en tête, avec 10,5 % des sinistres.

Quelle est l’ampleur des arnaques à la rénovation énergétique ?

Selon la DGCCRF, 2024, 34 % des entreprises de rénovation énergétique contrôlées présentaient des irrégularités. Ce chiffre porte sur des contrôles ciblés à partir de signalements et n’est pas représentatif de l’ensemble du secteur. La DGCCRF a transmis 140 procès-verbaux pénaux à la justice et reçu 26 000 signalements liés à la rénovation énergétique via la plateforme SignalConso, contre 23 000 en 2023.

Que couvre l’assurance dommages-ouvrage en cas de malfaçon ?

L’assurance dommages-ouvrage préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre qu’un tribunal désigne le responsable. Selon France Assureurs, 2024, l’assurance construction a versé 2 319 millions d’euros de prestations, en hausse de 12,8 % sur un an, et la responsabilité civile décennale concentre 74 % du chiffre d’affaires de la branche. C’est ce système qui finance l’essentiel de la réparation des malfaçons relevant de la garantie décennale.

Sources officielles

Toutes les données de cette page proviennent des institutions et enquêtes suivantes :

  • AQC : Agence Qualité Construction (désordres décennaux, base Sycodés, coût des réparations)
  • DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (rénovation énergétique, SignalConso)
  • France Assureurs : marché de l’assurance construction (prestations, sinistralité, décennale, dommages-ouvrage)
  • Médiateur des entreprises : médiation des litiges inter-entreprises (B2B) du secteur de la construction
  • CLCV : enquête de l’association de consommateurs sur les litiges de travaux et de construction (2014, donnée datée et attribuée)
  • Caisse des Dépôts : mécanisme de retenue de garantie du contrat de construction de maison individuelle

Données publiques, à jour de juin 2026. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page. Pour situer ces données dans leur contexte sectoriel, consultez aussi notre dossier assurance décennale et BTP et l’ensemble de nos statistiques de la construction. Ce document est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé.

FAQ : malfaçons, désordres et litiges de la construction

Selon une enquête de la CLCV (association de consommateurs), 2014, les malfaçons sont la première cause de litiges dans la construction : 45 % des litiges toutes catégories de travaux confondues, et jusqu'à 54 % pour la construction de maison neuve. Viennent ensuite la non-conformité (21 %) et les retards de livraison (17 %). Cette enquête reste la principale donnée chiffrée publique sur la répartition des causes.

Selon l'Agence Qualité Construction (AQC), 2025, le coût de réparation d'un désordre décennal va de 762 € HT à 250 000 € HT selon sa nature. Les défauts d'étanchéité, en toiture ou en sous-sol, génèrent fréquemment des indemnisations de plus de 20 000 €. C'est cette amplitude que prend en charge l'assurance décennale.

Selon l'AQC (base Sycodés, 2025), 61 % des désordres décennaux concernent l'étanchéité à l'eau. En maison individuelle, le désordre le plus fréquent est la couverture en petits éléments (tuiles, ardoises), avec 9,7 % des sinistres. En logement collectif, les équipements sanitaires arrivent en tête, avec 10,5 % des sinistres.

Selon la DGCCRF (2024), 34 % des entreprises de rénovation énergétique contrôlées présentaient des irrégularités, sur des contrôles ciblés à partir de signalements, donc non représentatifs de tout le secteur. La DGCCRF a transmis 140 procès-verbaux pénaux à la justice et reçu 26 000 signalements via SignalConso, contre 23 000 en 2023.

L'assurance dommages-ouvrage préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre qu'un tribunal désigne le responsable ; l'assureur se retourne ensuite vers l'assureur décennal du constructeur. Selon France Assureurs (2024), l'assurance construction a versé 2 319 millions d'euros de prestations, en hausse de 12,8 % sur un an, et la RC décennale représente 74 % du chiffre d'affaires de la branche.

Dans un contrat de construction de maison individuelle, le maître d'ouvrage peut consigner une retenue de 5 % du prix lorsque des réserves sont formulées à la réception, selon la Caisse des Dépôts. La somme reste bloquée jusqu'à la levée des réserves, qui relève de la garantie de parfait achèvement.