La construction de logements neufs en France : les chiffres clés 2026
Mises en chantier, permis, maison individuelle contre collectif, ventes et besoins de logements : chaque statistique datée et reliée à sa source officielle.
Sommaire 8 parties
Cette page rassemble une base de données chiffrée sur la construction de logements neufs en France : rythme des autorisations et des mises en chantier, ampleur du repli du neuf, répartition entre maison individuelle et collectif, ventes de logements neufs, logement social et besoins de construction. Chaque chiffre est daté et relié à sa source : SDES et sa base Sitadel, INSEE, enquête ECLN, ministère de la Transition écologique, ainsi que les fédérations professionnelles FFB, FPI et USH, attribuées comme telles. Vous pouvez citer ces chiffres avec un lien vers cette page.
Les 5 chiffres à retenir
- 282 500 logements mis en chantier en 2024, en recul de 8,1 % sur un an (INSEE, Sitadel).
- 330 400 logements autorisés en 2024, en baisse de 12,3 % et 28 % sous le niveau d'avant-crise (SDES, Sitadel).
- −35 % : l'écart des mises en chantier de 2024 par rapport au pic historique de 2007, supérieur à 435 000 logements (INSEE, Sitadel).
- −20,6 % de mises en chantier de maisons individuelles en 2024, contre une quasi-stabilité du collectif (INSEE, Sitadel).
- 518 000 logements par an : le besoin estimé en France sur 2024-2040, selon l'USH.
Méthodologie
Chaque chiffre provient d'une source officielle ou institutionnelle, identifiée par son nom et son année de publication, avec un lien direct vers la donnée d'origine (note de conjoncture, base statistique, communiqué). Les données du SDES (base Sitadel), de l'INSEE et du ministère sont présentées comme officielles. Lorsqu'un chiffre émane d'une fédération professionnelle (FFB, FPI, USH), nous le précisons. Deux périmètres de ventes ne sont jamais additionnés : l'enquête ECLN du SDES ne mesure que les ventes aux particuliers, tandis que l'observatoire de la FPI intègre aussi les ventes en bloc aux investisseurs. Dernière mise à jour des données : juin 2026.
Logements autorisés et mis en chantier
La construction neuve se mesure à deux étapes : l'autorisation (le permis de construire), indicateur avancé de l'activité, puis la mise en chantier effective. Le SDES publie ces volumes via la base Sitadel.
| Indicateur | Chiffre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Logements mis en chantier | 282 500 | 2024 | INSEE, SDES (Sitadel) |
| Évolution des mises en chantier sur un an | −8,1 % | 2024 | INSEE, SDES (Sitadel) |
| Logements autorisés (cumul sur douze mois) | 330 400 | 2024 | SDES (Sitadel) |
| Évolution des autorisations sur un an | −12,3 %, soit environ 46 300 logements de moins | 2024 | SDES (Sitadel) |
| Écart des autorisations par rapport à l'avant-crise (mars 2019 à février 2020) | −28 % | 2024 | SDES (Sitadel) |
| Logements autorisés sur douze mois glissants | 378 806, soit 9,5 % sous la moyenne des cinq années précédentes | fin nov. 2025 | SDES (Sitadel) |
La baisse des permis dépasse celle des chantiers : moins de permis aujourd'hui signifie moins de chantiers demain. Le cumul à fin novembre 2025 marque un léger sursaut des autorisations par rapport au creux de 2024. Ce repli pèse d'abord sur les maçons et les entreprises de structure, plus exposés au cycle du neuf que les métiers de finition ou de rénovation.
Sources : INSEE, construction de logements, séries Sitadel (2024) ; SDES, construction de logements, résultats à fin décembre 2024 ; SDES, construction de logements, résultats à fin novembre 2025.
L'ampleur de la crise du neuf
Replacée dans le temps long, la production de logements neufs de 2024 est l'une des plus faibles du siècle. Les analyses de marché de cette section sont attribuées à la FFB.
| Indicateur | Chiffre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Mises en chantier au pic historique | plus de 435 000 logements | 2007 | INSEE, Sitadel |
| Écart des mises en chantier 2024 par rapport au pic de 2007 | environ −35 % | 2024 | INSEE, Sitadel |
| Volume d'activité du bâtiment | −6 % en 2024, puis −4 % en 2025 | 2024-2025 | FFB |
| Activité de construction de logements neufs (prix constants) | −8,8 % | 2025 | FFB |
| Écart des mises en chantier par rapport à la moyenne de longue période (environ 358 000 par an) | environ 75 000 logements en dessous | 2025 | FFB |
La France construit aujourd'hui un tiers de logements en moins qu'à son plus haut niveau. Le neuf décroche plus vite que l'ensemble du bâtiment, soutenu par l'entretien et la rénovation : un artisan tourné vers la rénovation énergétique traverse mieux la période qu'un constructeur de maisons neuves. Pour 2026, la FFB évoque un léger rebond, sans reprise franche.
Sources : INSEE, séries longues des mises en chantier ; FFB, bilan 2025 et prévisions 2026 (2025).
Maison individuelle contre logement collectif
Le repli du neuf ne frappe pas tous les segments de la même façon. La maison individuelle, plus sensible au pouvoir d'achat des ménages et aux taux d'intérêt, a beaucoup plus reculé que le collectif.
| Indicateur | Chiffre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Logements individuels mis en chantier | 104 200 (131 300 en 2023) | 2024 | INSEE, Sitadel |
| Évolution des mises en chantier individuelles | −20,6 %, soit 27 100 logements de moins | 2024 | INSEE, Sitadel |
| Logements collectifs mis en chantier | 178 300 (176 200 en 2023) | 2024 | INSEE, Sitadel |
| Évolution des mises en chantier collectives | +1,2 % | 2024 | INSEE, Sitadel |
| Prix moyen total d'une maison individuelle neuve | 313 700 € (quasi stable sur un an) | 2024 | SDES |
| Coût moyen de la construction seule (moyenne calculée à part) | 225 500 € (+1,4 %) | 2024 | SDES |
| Prix moyen du terrain (moyenne calculée à part) | 95 000 € (−1 %) | 2024 | SDES |
Le collectif est désormais largement majoritaire dans la production neuve. Sa résistance tient en partie à des opérations engagées de longue date et au logement social. Côté maison, la hausse des taux de crédit et le coût du foncier ont écarté de nombreux ménages du projet de construction. Ce basculement profite aux entreprises capables d'intervenir sur des immeubles, des opérations de promotion et des marchés de second œuvre standardisés.
Sources : INSEE, mises en chantier individuel et collectif (2024) ; SDES, le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024.
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Les ventes de logements neufs
Avant le chantier, il y a la vente. Deux sources distinctes ne doivent jamais être confondues : l'enquête ECLN du SDES, qui ne compte que les réservations des particuliers, et l'observatoire de la FPI, fédération des promoteurs, qui intègre aussi les ventes en bloc aux investisseurs.
| Indicateur | Chiffre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Réservations de logements neufs par les particuliers | 69 061 | 2024 | SDES (ECLN) |
| Réservations de logements neufs par les particuliers | 64 867 | 2025 | SDES (ECLN) |
| Réservations toutes ventes confondues (ventes en bloc incluses) | environ 94 000 (−5,8 % sur un an, divisé par deux en cinq ans) | 2024 | FPI |
| Mises en vente de logements neufs | environ −50 % par rapport à 2022, sous les 50 000 unités par an | 2024 | FPI |
| Programmes retirés de la vente faute de demande | 31 % | T4 2024 | FPI |
| Encours de logements neufs invendus | 123 945, dont 115 918 appartements et 8 027 maisons | fin 2025 | SDES (ECLN) |
| Délai d'écoulement des appartements | près de 23 mois | fin 2025 | SDES (ECLN) |
Les chiffres de la FPI ne s'additionnent pas à ceux de l'ECLN, sous peine de double compte. Quand les promoteurs lancent moins de programmes, tout l'amont de la construction ralentit : c'est l'un des signaux les plus suivis par les entreprises de gros œuvre. Le stock d'invendus doit s'écouler avant le lancement de nouvelles opérations.
Sources : SDES, enquête sur la commercialisation des logements neufs (ECLN) ; SDES, commercialisation des logements neufs, vente aux particuliers (2025) ; FPI, l'observatoire de la FPI (2024).
Le logement social et les besoins de construction
Face au repli du neuf privé, le logement social joue un rôle d'amortisseur. Les agréments proviennent du ministère, les estimations de besoins sont attribuées à l'USH, fédération des organismes HLM.
| Indicateur | Chiffre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Logements sociaux financés ou agréés par l'État | 98 682 (+8,2 %, contre 91 208 en 2023) | 2024 | Ministère de la Transition écologique |
| Ménages en attente d'un logement social | environ 2,76 millions (+100 000 en un an) | fin 2024 | Ministère de la Transition écologique |
| Besoin de logements neufs ou remis sur le marché | 518 000 par an | 2024-2040 | USH |
| Besoin de logements sociaux | 198 000 par an | horizon 2040 | USH |
| Besoin annuel de logements neufs (estimation alternative) | environ 370 000 | n. c. | Cour des comptes |
| Besoin annuel de logements (estimation alternative) | au moins 450 000 | n. c. | Fondation Abbé Pierre |
Rapporté aux 282 500 logements commencés en 2024, le besoin estimé par l'USH n'est couvert qu'à peine plus de la moitié. La production sociale de 2024 couvre la moitié de la cible avancée par la fédération HLM. Les estimations de la Cour des comptes et de la Fondation Abbé Pierre, plus prudentes, situent le besoin autour de 400 000 logements par an, toujours très au-dessus de la production réelle.
Sources : Ministère de la Transition écologique, bilan 2024 du logement social (2025) ; USH, quels besoins en logements sociaux à l'horizon 2040 (2024) ; Cour des comptes et Fondation Abbé Pierre, estimations des besoins annuels.
Les grandes tendances 2026
Une production neuve à l'un de ses plus bas niveaux du siècle
Mises en chantier nettement inférieures au pic de 2007, autorisations toujours sous leur niveau d'avant-crise, déficit proche de 75 000 unités sous la moyenne de longue période selon la FFB : pour les entreprises du gros œuvre, cela se traduit par des carnets plus minces et une concurrence accrue sur chaque chantier. Chaque euro économisé sur les frais fixes, dont l'assurance, compte davantage.
Une bascule de la maison individuelle vers le collectif
Moins de chantiers diffus de pavillons, davantage d'opérations groupées en immeuble : cette recomposition redistribue durablement les cartes entre les constructeurs de maisons individuelles et les entreprises capables d'intervenir sur des programmes collectifs.
Un marché de la vente neuve engorgé
Chute des réservations, recul des mises en vente et stock élevé d'invendus : tant que les délais d'écoulement s'allongent, les promoteurs hésitent à lancer de nouveaux programmes, ce qui entretient la faiblesse des mises en chantier. La distinction entre ventes aux particuliers (ECLN) et ventes toutes catégories (FPI) reste essentielle pour lire ce marché sans gonfler les volumes.
Un écart important entre production et besoins
Que l'on retienne les 518 000 logements par an de l'USH, les 370 000 de la Cour des comptes ou les 450 000 de la Fondation Abbé Pierre, la France construit bien en deçà de ses besoins. Cet écart nourrit l'idée d'une relance. Pour en profiter, les artisans du neuf (maçons, charpentiers, terrassiers, couvreurs) vérifient que leur décennale construction neuve couvre bien tous les ouvrages qu'ils réalisent.
Sources officielles
- SDES (base Sitadel) : logements autorisés et mis en chantier, prix des maisons individuelles
- INSEE : séries longues des mises en chantier, individuel et collectif
- SDES (enquête ECLN) : commercialisation des logements neufs, réservations des particuliers, stock d'invendus
- Ministère de la Transition écologique : bilan du logement social, agréments et demande
- FFB : Fédération Française du Bâtiment (volume d'activité, logement neuf, moyenne de longue période)
- FPI : Fédération des Promoteurs Immobiliers (observatoire des ventes toutes catégories)
- USH : Union sociale pour l'habitat (besoins de logements à l'horizon 2040)
- Cour des comptes et Fondation Abbé Pierre : estimations alternatives des besoins annuels
Données publiques, à jour de juin 2026. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page.
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Cette page rassemble une base de données chiffrée sur la construction de logements neufs en France, à jour 2026. Chaque statistique est datée et reliée à sa source d’origine : le SDES et sa base Sitadel pour les logements autorisés et commencés, l’INSEE pour les séries longues, l’enquête ECLN pour les ventes, ainsi que les fédérations professionnelles FFB, FPI et l’USH, toujours attribuées comme telles. Vous y trouverez le rythme des mises en chantier, l’ampleur de la crise du neuf, la bascule de la maison individuelle vers le collectif, l’état des ventes de logements neufs, puis le logement social et les besoins de construction. Journalistes, blogueurs et comparateurs sont invités à citer ces chiffres avec un lien vers cette page.
Méthodologie
Chaque chiffre publié ici provient d’une source officielle ou institutionnelle, identifiée par son nom et son année de publication. Les liens externes pointent directement vers la donnée d’origine (note de conjoncture, base statistique, communiqué). La dernière mise à jour de cette page date de juin 2026. Les données du SDES (base Sitadel), de l’INSEE et du ministère sont présentées comme officielles. Lorsqu’un chiffre émane d’une fédération professionnelle (FFB, FPI, USH), nous le précisons explicitement. Deux périmètres de ventes ne sont jamais additionnés : l’enquête ECLN du SDES ne mesure que les ventes aux particuliers, tandis que l’observatoire de la FPI intègre aussi les ventes en bloc aux investisseurs.
T1 · Logements autorisés et mis en chantier
La construction de logements neufs se mesure à deux étapes : l’autorisation (le permis de construire) puis la mise en chantier effective. Le SDES, service statistique du ministère de la Transition écologique, publie ces volumes via la base Sitadel. Les repères ci-dessous portent sur l’année 2024, dernier exercice complet consolidé.
282 500 logements mis en chantier en France en 2024
Selon l’INSEE et la base Sitadel du SDES (2024), 282 500 logements ont été mis en chantier en France au cours de l’année 2024. C’est le volume de référence du dossier, celui qui mesure la production réellement engagée par les constructeurs. Pour un artisan du gros œuvre, ce chiffre dessine directement la taille du marché du neuf, plus étroit qu’il ne l’a été depuis longtemps.
Les mises en chantier reculent d’environ 8 % sur un an
D’après l’INSEE et Sitadel (2024), les mises en chantier ont diminué d’environ 8 % en 2024 par rapport à 2023, de 307 500 à 282 500 logements (individuel et collectif additionnés, détaillés plus bas). La pente reste descendante, après plusieurs années déjà orientées à la baisse. Ce repli pèse sur le carnet de commandes des maçons et des entreprises de structure, plus exposés au cycle du neuf que les métiers de finition ou de rénovation.
330 400 logements autorisés à la construction en 2024
Selon le SDES (Sitadel, 2024), 330 400 logements ont été autorisés à la construction en 2024, cumul sur douze mois. L’autorisation précède le chantier : elle constitue donc un indicateur avancé de l’activité à venir. Ce niveau d’autorisations, plus bas que les mises en chantier de plusieurs années passées, annonce que la reprise n’est pas pour l’immédiat.
Les autorisations chutent de 12,3 % en un an
D’après le SDES (Sitadel, 2024), les autorisations de logements ont reculé de 12,3 % en 2024, soit environ 46 300 logements de moins qu’en 2023. La baisse des permis dépasse celle des chantiers, signe que la contraction se prolonge en amont. Concrètement, moins de permis aujourd’hui signifie moins de chantiers demain, et donc une visibilité réduite pour les entreprises du bâtiment.
Les autorisations restent 28 % sous le niveau d’avant-crise
Selon le SDES (Sitadel, 2024), le volume des autorisations de 2024 se situe 28 % en dessous de son niveau d’avant la crise sanitaire, mesuré sur la période de référence de mars 2019 à février 2020. L’écart est considérable et structurel, pas seulement conjoncturel. Il illustre que la demande de logements neufs n’a pas retrouvé son rythme d’avant 2020.
378 806 logements autorisés sur les douze mois à fin novembre 2025
Selon le SDES (Sitadel, données à fin novembre 2025), 378 806 logements ont été autorisés sur les douze mois écoulés à fin novembre 2025. Ce cumul glissant montre un léger sursaut des permis par rapport au creux de 2024. Il reste toutefois 9,5 % sous la moyenne des cinq années précédentes, ce qui tempère toute lecture d’une reprise franche.
T2 · L’ampleur de la crise du neuf
Replacée dans le temps long, la production de logements neufs de 2024 apparaît comme l’une des plus faibles du siècle. La comparaison avec le pic historique et la moyenne de longue période, ainsi que les estimations des professionnels, donnent la mesure de la crise. Les analyses de marché de cette section sont attribuées à la FFB.
Le pic historique de 2007 dépassait 435 000 logements commencés
D’après l’INSEE et Sitadel, le point haut des mises en chantier a été atteint en 2007, avec plus de 435 000 logements commencés sur l’ensemble du territoire. C’est la référence à partir de laquelle se mesure le repli actuel. À titre de comparaison, un chantier sur trois de cette époque n’a aujourd’hui plus d’équivalent dans la production annuelle.
Les mises en chantier de 2024 sont 35 % en dessous du pic de 2007
Sur la base des données INSEE et Sitadel, les 282 500 logements commencés en 2024 représentent un recul d’environ 35 % par rapport aux plus de 435 000 unités de 2007. Cet écart dit l’essentiel de la crise : la France construit aujourd’hui un tiers de logements en moins qu’à son plus haut niveau. À notre avis, c’est ce repère historique, plus qu’une variation annuelle, qui révèle la profondeur du problème.
L’activité bâtiment recule de 6 % en 2024 puis de 4 % en 2025
Selon la FFB (bilan 2025, prévisions 2026), le volume d’activité du bâtiment a chuté de 6 % en 2024, puis encore de 4 % en 2025. Deux années consécutives de contraction marquée pèsent sur l’emploi et les marges du secteur. La fédération évoque pour 2026 un léger rebond sans véritable reprise, ce qui invite les entreprises à la prudence sur leurs investissements.
Le segment du logement neuf chute de 8,8 % en 2025
Toujours selon la FFB (2025), l’activité de construction de logements neufs a reculé de 8,8 % en 2025, à prix constants. Le neuf décroche donc plus vite que l’ensemble du bâtiment, davantage soutenu par la rénovation et l’entretien. Cette divergence explique pourquoi un artisan tourné vers la rénovation énergétique traverse mieux la période qu’un constructeur de maisons neuves.
Les mises en chantier 2025 restent 75 000 unités sous la moyenne longue
D’après la FFB (2025), les mises en chantier de 2025 se situent environ 75 000 logements sous la moyenne de longue période du secteur, proche de 358 000 unités par an. L’écart est l’un des plus larges jamais observés. Il traduit un déficit cumulé de production qui ne se résorbera pas en une seule année de reprise, prévient la fédération.
T3 · Maison individuelle contre logement collectif
La crise du neuf ne frappe pas tous les segments de la même façon. La maison individuelle, plus sensible au pouvoir d’achat des ménages et aux taux d’intérêt, a beaucoup plus reculé que le collectif. Les volumes proviennent de l’INSEE et de Sitadel, les prix du SDES.
104 200 logements individuels mis en chantier en 2024
Selon l’INSEE et Sitadel (2024), 104 200 logements individuels ont été mis en chantier en 2024. La maison neuve, longtemps moteur de la construction française, n’en représente plus que la portion la plus réduite. Pour un constructeur de maisons individuelles, ce niveau marque un changement durable d’échelle du marché.
L’individuel s’effondre de 20,6 % en un an
D’après l’INSEE et Sitadel (2024), les mises en chantier de maisons individuelles ont chuté de 20,6 % en 2024, passant de 131 300 à 104 200 logements, soit 27 100 de moins. C’est de loin le segment le plus touché par la crise. La hausse des taux de crédit et le coût du foncier ont écarté de nombreux ménages du projet de construction, ce qui explique cette contraction brutale.
178 300 logements collectifs mis en chantier en 2024
Selon l’INSEE et Sitadel (2024), 178 300 logements collectifs ont été mis en chantier en 2024. Le collectif est désormais largement majoritaire dans la production neuve, devant l’individuel. Ce basculement profite davantage aux entreprises capables d’intervenir sur des immeubles, des opérations de promotion et des marchés de second œuvre standardisés.
Le collectif résiste avec une hausse de 1,2 %
D’après l’INSEE et Sitadel (2024), les mises en chantier de logements collectifs ont progressé de 1,2 % en 2024, de 176 200 à 178 300 logements. La quasi-stabilité du collectif contraste fortement avec l’effondrement de l’individuel. Cette résilience tient en partie à des opérations engagées de longue date et au soutien du logement social, dont une large part relève du collectif.
Une maison individuelle neuve coûte 313 700 euros en moyenne
Selon le SDES (2024), le prix moyen total d’une maison individuelle neuve atteint 313 700 euros en 2024, un montant quasi stable par rapport à 2023. Le coût moyen de construction s’établit à 225 500 euros (en hausse de 1,4 %) et le prix moyen du terrain à 95 000 euros (en recul de 1 %) : ces moyennes sont calculées séparément et ne s’additionnent pas. Ce prix total conditionne directement la capacité d’emprunt des ménages. Un prix qui plafonne haut, conjugué à des taux élevés, contribue à freiner l’accès à la maison neuve et donc le carnet de commandes des constructeurs.
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T4 · Les ventes de logements neufs
Avant le chantier, il y a la vente. La commercialisation des logements neufs se mesure par deux sources distinctes qu’il ne faut jamais confondre : l’enquête ECLN du SDES, qui ne compte que les réservations des particuliers, et l’observatoire de la FPI, fédération des promoteurs, qui intègre aussi les ventes en bloc aux investisseurs.
69 061 réservations de logements neufs par les particuliers en 2024
Selon le SDES, enquête ECLN (2024), les particuliers ont réservé 69 061 logements neufs auprès des promoteurs en 2024. Cette enquête officielle ne mesure que les ventes au détail, hors ventes en bloc. Elle reflète la demande directe des ménages acquéreurs, qu’ils achètent pour habiter ou pour investir à titre individuel.
Environ 94 000 réservations toutes ventes confondues en 2024
Selon l’observatoire de la FPI (2024), environ 94 000 logements neufs ont été réservés en 2024 toutes ventes confondues, en recul de 5,8 % sur un an, un niveau divisé par deux en cinq ans. Ce chiffre, plus élevé que celui de l’ECLN, intègre les ventes en bloc aux bailleurs et investisseurs institutionnels. Il ne doit jamais être additionné aux réservations de particuliers du SDES, sous peine de double compte.
Les mises en vente de logements neufs ont chuté de moitié en deux ans
D’après la FPI (2024), les mises en vente de logements neufs en 2024 ont reculé d’environ 50 % par rapport à 2022, franchissant à la baisse le seuil inédit des 50 000 unités par an. Quand les promoteurs cessent de lancer des programmes, c’est tout l’amont de la construction qui se grippe. Cette donnée est l’un des signaux les plus inquiétants pour les entreprises de gros œuvre.
31 % des programmes retirés de la vente au quatrième trimestre 2024
Selon la FPI (T4 2024), 31 % des programmes neufs ont été retirés de la commercialisation faute de demande suffisante au quatrième trimestre 2024. Près d’un programme sur trois ne trouve donc pas son marché. Ce taux élevé d’abandons confirme que la crise n’est pas qu’une question de financement, mais aussi de solvabilité de la demande finale.
123 945 logements neufs invendus fin 2025
D’après le SDES, enquête ECLN (fin 2025), l’encours de logements neufs invendus s’élève à 123 945 unités fin 2025, dont 115 918 appartements et 8 027 maisons. Ce stock pèse sur les promoteurs, qui doivent l’écouler avant de relancer de nouvelles opérations. Le délai d’écoulement atteint près de 23 mois pour les appartements, signe d’un marché de la vente neuve durablement engorgé.
T5 · Le logement social et les besoins de construction
Face au repli du neuf privé, le logement social joue un rôle d’amortisseur. Mais lui aussi reste loin des besoins recensés. Les agréments proviennent du ministère, et les estimations de besoins sont attribuées à l’USH, fédération des organismes HLM, ou aux institutions qui les ont publiées.
98 682 logements sociaux agréés par l’État en 2024
Selon le ministère de la Transition écologique (2024), 98 682 logements sociaux ont été financés ou agréés par l’État en 2024, en hausse de 8,2 % par rapport aux 91 208 de 2023. Cette progression contraste avec le recul du neuf privé. Le logement social soutient ainsi une partie de l’activité des entreprises du bâtiment, notamment dans le collectif.
2,76 millions de ménages en attente d’un logement social
Selon le ministère de la Transition écologique (fin 2024), environ 2,76 millions de ménages étaient en attente d’un logement social fin 2024, soit 100 000 de plus en un an. La demande sociale enfle pendant que la production peine à suivre. Cet écart croissant illustre la tension du marché du logement et le besoin de construction qui en découle.
518 000 logements par an : le besoin estimé sur 2024-2040
Selon l’USH (étude 2024-2040), la France aurait besoin de 518 000 logements neufs ou remis sur le marché par an sur la période 2024-2040 pour répondre à la demande. Rapporté aux 282 500 logements commencés en 2024, l’écart est saisissant : la production réelle couvre à peine plus de la moitié du besoin estimé. C’est tout l’enjeu de la relance évoquée par les pouvoirs publics.
198 000 logements sociaux par an nécessaires d’ici 2040
D’après l’USH (étude horizon 2040), le besoin annuel de logements sociaux atteindrait 198 000 unités par an d’ici 2040. Le contraste avec les 98 682 agréments de 2024 est net : la production sociale couvre la moitié de la cible avancée par la fédération HLM. Ce déficit alimente directement la file d’attente des ménages demandeurs.
Une estimation alternative situe le besoin autour de 400 000 logements par an
Selon la Cour des comptes, le besoin annuel de logements neufs avoisinerait 370 000 unités, tandis que la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) l’estime à au moins 450 000 par an, soit un ordre de grandeur proche de 400 000 logements par an. Ces deux estimations, plus prudentes que celle de l’USH, restent très supérieures à la production de 2024. Quelle que soit la fourchette retenue, le constat est identique : la France construit nettement moins qu’elle n’en aurait besoin.
Les grandes tendances 2026
Mis bout à bout, ces chiffres dessinent quatre dynamiques majeures pour la construction de logements neufs en France en 2026.
Une production de logements neufs à l’un de ses plus bas niveaux du siècle. Avec un volume mis en chantier nettement inférieur au pic historique de 2007, et des autorisations toujours largement sous le niveau d’avant la crise sanitaire, le neuf traverse une contraction profonde et durable. La FFB parle d’un déficit cumulé de mises en chantier proche de 75 000 unités sous la moyenne de longue période. Pour les entreprises du gros œuvre, plus exposées au cycle du neuf que les métiers de rénovation, cela se traduit par des carnets de commandes plus minces et une concurrence accrue sur chaque chantier.
Une bascule structurelle de la maison individuelle vers le collectif. La maison neuve, longtemps moteur de la construction française, a beaucoup plus reculé que le collectif, davantage soutenu par les opérations engagées de longue date et par le logement social. Cette recomposition modifie la demande de travaux : moins de chantiers diffus de pavillons, davantage d’opérations groupées en immeuble. À notre avis, cette tendance redistribue durablement les cartes entre les constructeurs de maisons individuelles et les entreprises capables d’intervenir sur des programmes collectifs.
Un marché de la vente neuve engorgé. La chute des réservations, le recul des mises en vente et le stock élevé de logements invendus forment un cercle peu vertueux. Tant que les ménages restent en retrait et que les délais d’écoulement s’allongent, les promoteurs hésitent à lancer de nouveaux programmes, ce qui entretient la faiblesse des mises en chantier. La distinction entre les ventes aux particuliers mesurées par l’ECLN et les ventes toutes catégories suivies par la FPI reste essentielle pour lire correctement ce marché sans gonfler les volumes.
Un écart béant entre production et besoins. Que l’on retienne l’estimation de 518 000 logements par an de l’USH, les 370 000 de la Cour des comptes ou les 450 000 de la Fondation pour le logement des défavorisés, la France construit aujourd’hui bien en deçà de ce qui serait nécessaire. La demande de logement social gonfle pendant que la production peine à suivre. Cet écart structurel nourrit l’idée d’une relance, mais une éventuelle reprise de la construction supposera, pour les artisans concernés, de vérifier que leur assurance décennale couvre bien l’ensemble des ouvrages neufs qu’ils s’apprêtent à réaliser.
Sources officielles
Toutes les données de cette page proviennent des institutions suivantes :
- SDES (base Sitadel) : service statistique du ministère de la Transition écologique (logements autorisés et mis en chantier, prix des maisons individuelles)
- INSEE : séries longues des mises en chantier, individuel et collectif
- SDES (enquête ECLN) : commercialisation des logements neufs, réservations des particuliers, stock d’invendus
- Ministère de la Transition écologique : bilan du logement social, agréments et demande
- FFB : Fédération Française du Bâtiment (volume d’activité, logement neuf, moyenne de longue période)
- FPI : Fédération des Promoteurs Immobiliers (observatoire des ventes toutes catégories)
- USH : Union sociale pour l’habitat (besoins de logements à l’horizon 2040)
- Cour des comptes et Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) : estimations alternatives des besoins annuels
Données publiques, à jour de juin 2026. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page. Ce document est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé. Données vérifiées au 16 juin 2026.
FAQ : la construction de logements neufs en France
En 2024, 282 500 logements ont été mis en chantier en France, en recul de 8,1 % sur un an, selon l'INSEE et la base Sitadel du SDES. Dans le même temps, 330 400 logements ont été autorisés à la construction, soit une baisse de 12,3 % par rapport à 2023 (SDES).
Les 282 500 logements commencés en 2024 représentent un recul d'environ 35 % par rapport au pic historique de 2007, où plus de 435 000 logements avaient été mis en chantier, selon l'INSEE et Sitadel. Selon la FFB, les mises en chantier de 2025 se situent près de 75 000 unités sous la moyenne de longue période. Le repli touche surtout la maison individuelle.
En 2024, le collectif domine : 178 300 logements collectifs ont été mis en chantier, contre 104 200 logements individuels, selon l'INSEE et Sitadel. L'écart se creuse car l'individuel a chuté de 20,6 % sur un an, tandis que le collectif progressait de 1,2 %. Une maison individuelle neuve coûte en moyenne 313 700 euros, terrain compris (SDES).
En 2024, les particuliers ont réservé 69 061 logements neufs auprès des promoteurs, selon l'enquête ECLN du SDES, puis 64 867 en 2025. En intégrant les ventes en bloc aux investisseurs et bailleurs, l'observatoire de la FPI recense environ 94 000 réservations toutes ventes confondues en 2024, un niveau divisé par deux en cinq ans.
Selon l'USH, la France a besoin de 518 000 logements neufs ou remis sur le marché par an sur la période 2024-2040, dont 198 000 logements sociaux. D'autres estimations situent ce besoin autour de 400 000 logements par an, la Cour des comptes avançant 370 000 et la Fondation Abbé Pierre au moins 450 000. La production réelle de 2024 reste très inférieure à ces cibles.
En 2024, 98 682 logements sociaux ont été financés ou agréés par l'État, en hausse de 8,2 % sur un an, selon le ministère de la Transition écologique. Fin 2024, environ 2,76 millions de ménages étaient en attente d'un logement social. Les artisans qui interviennent sur ces programmes neufs peuvent comparer leur décennale construction neuve en ligne.