Défaillances d’entreprises du BTP : les chiffres clés 2026
Cette page rassemble une base de données chiffrée sur les défaillances d’entreprises du bâtiment et des travaux publics en France, à jour 2026. Chaque statistique est datée et reliée à sa source. Les chiffres officiels proviennent de la Banque de France (Stat Info Défaillances) et de la Direction générale des entreprises (DGE). Les analyses sectorielles fines sont attribuées à leurs émetteurs privés ou professionnels : Altares, BPCE L’Observatoire, la CAPEB et la FFB. Vous y trouverez le panorama national, le détail par sous-secteur du BTP, l’effet de la taille des structures, les emplois menacés et la tendance 2025. Journalistes, blogueurs et comparateurs sont invités à citer ces chiffres avec un lien vers cette page.
Méthodologie
Deux compteurs de défaillances coexistent en France et ne doivent pas être confondus. La Banque de France publie une série officielle (Stat Info Défaillances d’entreprises) : c’est la référence que nous présentons en priorité. À côté, des observatoires privés comme Altares ou BPCE L’Observatoire publient leurs propres bilans, sur des périmètres et des dates légèrement différents. Quand un chiffre provient de l’un de ces acteurs, nous l’attribuons explicitement par la mention « selon Altares » ou « selon BPCE L’Observatoire ». Les chiffres de la CAPEB et de la FFB, organisations professionnelles, sont également attribués. Attention enfin à une distinction clé : certains chiffres portent sur un seul trimestre (T4) et d’autres sur l’année entière. Nous l’indiquons à chaque fois. La dernière mise à jour de cette page date de juin 2026.
Sommaire
- 65 764 défaillances d’entreprises tous secteurs en 2024, le niveau le plus haut depuis 2009 (Banque de France).
- +24,8 % de défaillances dans la construction en 2024, mais seulement +0,4 % au-dessus de la moyenne 2010-2019 (Banque de France).
- ~18 000 défaillances dans le BTP en 2024, soit environ un quart des défauts français, selon Altares.
- +266 % de défaillances dans la promotion immobilière en 2024, sous-secteur le plus sinistré, selon Altares.
- 69 957 procédures en 2025 au niveau national, mais le BTP recule de 3,2 % sur l’année, selon Altares.
T1 · Le panorama national et le poids du BTP
Les défaillances d’entreprises ont atteint en 2024 un niveau inédit depuis la crise financière de 2009. Le BTP figure parmi les secteurs les plus exposés en volume, sans toutefois battre tous ses records historiques. Voici les repères nationaux, en distinguant la donnée officielle de la Banque de France des bilans publiés par les observatoires privés.
65 764 défaillances d’entreprises en 2024, un plus haut depuis 2009
Selon la Banque de France (Stat Info Défaillances, décembre 2024), la France a recensé 65 764 défaillances d’entreprises cumulées sur douze mois à fin décembre 2024, un niveau provisoire jamais atteint depuis la crise financière de 2009. C’est la référence officielle. Pour un artisan, ce chiffre dessine un environnement économique tendu, où la solidité financière des clients comme des sous-traitants n’est plus acquise.
Une hausse de 16,8 % des défaillances en 2024
Toujours selon la Banque de France (donnée reprise par Europe 1, 2024), les défaillances ont progressé de 16,8 % sur douze mois à fin 2024. La hausse ralentit nettement par rapport à 2023, où elle atteignait 36 %. La vague de défauts continue de monter, mais à un rythme moins brutal. Ce ralentissement reste fragile et n’efface pas le niveau record atteint.
Les défaillances 2024 dépassent de 10,8 % le niveau d’avant-Covid
D’après la Banque de France (reprise par clesdusocial.com, 2024), le volume de défaillances de 2024 dépasse de 10,8 % la moyenne des années 2017 à 2019, soit le niveau qui précédait la crise sanitaire. Le rattrapage des faillites repoussées pendant le Covid est donc largement consommé. On est désormais dans une normalisation par le haut, avec un socle de défauts supérieur à l’avant-crise.
+24,8 % de défaillances dans la construction en 2024
Selon la Banque de France (Stat Info Défaillances, décembre 2024), les défaillances dans le secteur de la construction ont augmenté de 24,8 % en 2024 par rapport à 2023. C’est un chiffre officiel de la Banque de France, et non d’un cabinet privé. Cette progression place la construction parmi les secteurs les plus touchés de l’année. Elle traduit l’effet combiné de la chute de la construction neuve et du resserrement du crédit.
La construction ne dépasse que de 0,4 % sa moyenne 2010-2019
Le même bilan de la Banque de France (Stat Info Défaillances, 2024) apporte une nuance essentielle : malgré la hausse de 24,8 %, le niveau de défaillances de la construction ne dépasse que de 0,4 % sa moyenne décennale 2010-2019. Autrement dit, le secteur revient à un régime normal après les années artificiellement basses du Covid, plus qu’il ne sombre. Cette lecture officielle tempère les chiffres spectaculaires des bilans annuels privés.
Environ un quart des défaillances françaises concernent le BTP (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), le BTP et la construction concentrent environ un quart des défaillances d’entreprises en France, soit près de 18 000 procédures sur l’ensemble de 2024. C’est le poids sectoriel le plus élevé. Ce chiffre annuel ne doit pas être confondu avec les volumes trimestriels souvent cités dans la presse. Il confirme que le bâtiment reste, par sa taille, le premier contributeur aux défauts d’entreprises.
67 830 procédures de défaillance en 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), la France a recensé 67 830 procédures de défaillance sur l’ensemble de 2024, en hausse de 17 % sur un an, dont 18 709 au seul quatrième trimestre, un record pour un T4. Ce compteur diffère de celui de la Banque de France en raison d’un périmètre et de dates de collecte distincts. C’est pourquoi nous l’attribuons explicitement à Altares, sans le présenter comme la donnée officielle.
66 422 défaillances en 2024 (selon BPCE L’Observatoire)
Selon BPCE L’Observatoire (étude défaillances 2024), la France a enregistré 66 422 défaillances d’entreprises en 2024, en hausse de 17 % sur un an et de 28 % par rapport à 2019, avant la crise sanitaire. Ce troisième compteur illustre les écarts entre observatoires. Les trois chiffres convergent sur un constat : un volume historique. Ils diffèrent sur le décompte exact, ce qui justifie de toujours nommer la source.
T2 · Les défaillances par sous-secteur du BTP
Le bâtiment n’est pas un bloc homogène. Selon les corps de métier, l’exposition à la défaillance varie fortement. Les bilans d’Altares détaillent ces écarts pour 2024. Un piège à éviter d’emblée : le chiffre de 5 111 défaillances dans la construction concerne le seul quatrième trimestre, pas l’année entière.
5 111 défaillances dans la construction au 4e trimestre 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), la construction a compté 5 111 défaillances au seul quatrième trimestre 2024, soit 27 % de l’ensemble des procédures du trimestre, dont près de 4 000 dans les activités du bâtiment. Attention : il s’agit bien d’un volume trimestriel, et non annuel. Sur l’année entière, le BTP avoisine plutôt 18 000 procédures selon Altares. La confusion entre trimestre et année est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet.
Gros œuvre et maçonnerie limitent la casse à +3 % en 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), le gros œuvre et la maçonnerie ont vu leurs défaillances progresser de seulement 3 % chacun en 2024, les sous-secteurs les plus résistants du bâtiment. Ces métiers de structure, portés par la rénovation et l’entretien, ont mieux absorbé le choc que la construction neuve. Pour un artisan du gros œuvre, cette relative résistance n’efface toutefois pas la pression sur les marges.
Second œuvre +12 % et travaux publics +16 % en 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), la construction de maisons individuelles a vu ses défaillances grimper de 8 %, le second œuvre de 12 % et les travaux publics de 16 % en 2024. Le second œuvre regroupe les métiers de finition, plus nombreux et plus fragiles financièrement. Cette dégradation touche directement des activités à fort effectif d’auto-entrepreneurs et de très petites structures.
+266 % de défaillances dans la promotion immobilière en 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), les défaillances de la promotion immobilière ont explosé de 266 % en 2024, le sous-secteur le plus sinistré de l’ensemble immobilier et construction. Ce chiffre spectaculaire reflète l’effondrement de la demande de logements neufs et le blocage du financement. La défaillance d’un promoteur a un effet domino : elle laisse souvent des chantiers à l’arrêt et des artisans impayés en bout de chaîne.
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Lancer le simulateur →T3 · L’effet de la taille et de l’ancienneté des entreprises
La défaillance n’épargne plus les structures établies. Si les très petites entreprises restent les plus nombreuses parmi les défauts, la crise remonte désormais vers les PME et les ETI. Les chiffres ci-dessous proviennent de la DGE (officiel), d’Altares et de BPCE L’Observatoire, qu’il convient de ne pas fusionner.
60 355 micro-entreprises parmi les défaillances de 2024 (DGE)
Selon la Direction générale des entreprises (DGE, reprise par clesdusocial.com, 2024), sur l’ensemble des entreprises défaillantes en 2024, 60 355 étaient des micro-entreprises ou des auto-entrepreneurs, et 32 000 comptaient au moins un salarié. La défaillance touche donc en priorité les plus petites structures, souvent sans salarié. C’est précisément le profil dominant dans le BTP, où la micro-entreprise est devenue la porte d’entrée du métier.
5 265 PME et ETI défaillantes en 2024, soit +51 % depuis 2019 (selon BPCE L’Observatoire)
Selon BPCE L’Observatoire (étude défaillances 2024), 5 265 PME et ETI de 10 salariés et plus ont fait défaut en 2024, contre 3 478 en 2019, soit une hausse de 51 %. Les défaillances de PME et ETI atteignent ainsi leur plus haut niveau. Ce constat marque un tournant : la fragilité gagne des entreprises plus structurées, dont la chute pèse davantage en emplois et en chiffre d’affaires.
+30 % de défaillances pour les entreprises de 50 salariés et plus (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), les structures de 50 salariés et plus ont vu leurs défaillances bondir de 30 % en 2024, avec 553 procédures recensées. La crise remonte donc vers les plus grosses entreprises, longtemps épargnées. Ce chiffre d’Altares est distinct de celui de la Banque de France, qui compte de son côté les entreprises moyennes selon son propre périmètre. Nous gardons les deux sources séparées.
La construction ne dépasse que de 0,4 % sa moyenne décennale (Banque de France)
D’après la Banque de France (Stat Info Défaillances, 2024), la construction reste en 2024 un secteur où les défaillances n’excèdent que de 0,4 % leur moyenne 2010-2019. La fragilité est réelle, mais sans sur-sinistralité historique par rapport à l’avant-Covid. Cette donnée officielle invite à relativiser les variations annuelles à deux chiffres : elles partent d’un point bas exceptionnel, atteint pendant la période des aides publiques.
T4 · Les emplois menacés et l’impact économique
Derrière chaque défaillance, il y a des emplois et du chiffre d’affaires. En 2024, l’ampleur des défauts a menacé un nombre record de postes. La construction y prend une part majeure. Les chiffres d’Altares et de BPCE L’Observatoire éclairent cet impact humain et économique.
Plus de 256 000 emplois menacés par les défaillances de 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), les défaillances ouvertes en 2024 ont menacé plus de 256 000 emplois, un niveau record. Ce chiffre mesure les postes directement exposés par les entreprises entrées en procédure. Il rappelle que la défaillance n’est pas qu’une statistique comptable : elle frappe des salariés et, dans le BTP, de nombreux artisans isolés qui n’apparaissent pas toujours dans ces décomptes.
260 000 emplois exposés, soit +41 % par rapport à 2019 (selon BPCE L’Observatoire)
Selon BPCE L’Observatoire (étude défaillances 2024), environ 260 000 emplois étaient exposés aux défaillances en 2024, soit 41 % de plus qu’en 2019. L’écart avec l’avant-Covid est considérable. Les deux observatoires convergent autour d’un quart de million d’emplois menacés, ce qui place 2024 parmi les années les plus lourdes en matière d’impact social des défaillances.
La construction concentre 19 % des emplois menacés (selon BPCE L’Observatoire)
Selon BPCE L’Observatoire (repris par franceinfo, 2024), la construction concentre 19 % des emplois menacés par les défaillances de 2024, à égalité avec les services aux entreprises, devant le commerce (15 %) et l’industrie (13 %). Le bâtiment est donc, avec un autre secteur, le premier pourvoyeur d’emplois fragilisés. Cette part élevée tient au poids du BTP dans l’emploi privé et à la taille moyenne de ses entreprises.
De 2 % à 3,5 % des salariés de la construction concernés (selon BPCE L’Observatoire)
Selon BPCE L’Observatoire (étude défaillances 2024), les défaillances de 2024 ont menacé l’équivalent de 2 % à 3,5 % des emplois salariés de la branche construction. Ramené à l’effectif total du secteur, l’impact reste contenu en proportion, même s’il est lourd en valeur absolue. Cette mise en perspective évite de surinterpréter les chiffres bruts d’emplois menacés.
Plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidés par les défauts de 2024 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2024), les défauts d’entreprises de 2024 ont consolidé plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cette masse mesure le poids économique des entreprises entrées en procédure. Pour les artisans, l’enjeu est concret : la défaillance d’un donneur d’ordre se traduit souvent par des factures impayées, qui peuvent à leur tour fragiliser des structures saines. La RC Pro ne couvre pas ce risque d’impayé, mais la prudence sur les délais de paiement, si.
T5 · La tendance 2025 et la conjoncture du secteur
2025 marque une bascule paradoxale. Alors que le total national des défaillances continue de grimper vers un seuil quasi-historique, le BTP, lui, recule. Le secteur sort plus tôt de la zone de turbulence que le reste de l’économie. Les chiffres 2025 proviennent d’Altares, ceux de conjoncture de la CAPEB et de la FFB.
69 957 défaillances en France en 2025, près du seuil des 70 000 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2025), la France a ouvert 69 957 procédures de défaillance en 2025, en hausse de 3,1 % sur un an. C’est un seuil quasi-historique, proche des 70 000, jamais atteint depuis plus de vingt ans. La progression ralentit nettement, mais le niveau absolu reste très élevé. Cette donnée cadre le contexte général dans lequel s’inscrit la trajectoire propre du BTP.
Le BTP et l’immobilier reculent de 3,2 % sur l’année 2025 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2025), à rebours du record national, les défaillances du BTP et de l’immobilier reculent de 8,1 % au quatrième trimestre 2025 et de 3,2 % sur l’année. La construction résiste donc mieux que l’ensemble de l’économie. Ce retournement, après la forte hausse de 2024, suggère un assainissement précoce du secteur, même si le niveau de défauts reste historiquement haut.
Le BTP pèse encore environ 25 % des défaillances en 2025 (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2025), le BTP représente encore environ 25 % des défaillances en 2025, avec 4 696 procédures dans la construction au seul quatrième trimestre. Le poids du secteur dans le total national reste donc dominant, malgré son amélioration relative. Là encore, ce chiffre de 4 696 est trimestriel : il ne doit pas être lu comme un total annuel.
Des disparités fortes en 2025 : le second œuvre déraille de nouveau (selon Altares)
Selon Altares (Bilan défaillances 2025), au quatrième trimestre 2025, le gros œuvre recule de 9 %, la maçonnerie de 10 % et les maisons individuelles de 11 %, mais le second œuvre repart à la hausse (+8 %), pénalisant la peinture, la vitrerie et la menuiserie. La tendance s’inverse par rapport à 2024 : les métiers de structure s’améliorent quand ceux de finition se dégradent. Un artisan du second œuvre doit donc rester vigilant sur sa trésorerie.
28 % des artisans signalent une trésorerie dégradée (selon la CAPEB)
Selon la CAPEB (repris par Batiweb, troisième trimestre 2024), 28 % des artisans du bâtiment déclaraient une dégradation de leur trésorerie au troisième trimestre 2024, et 45 % subissaient un allongement des délais de paiement de leurs clients. Ces deux indicateurs sont des signaux avancés de défaillance. Une trésorerie qui se tend et des clients qui payent plus tard forment le terrain sur lequel naissent les défauts d’entreprise.
La FFB anticipait environ 50 000 postes menacés en 2025 (selon la FFB)
Selon la FFB (Fédération Française du Bâtiment, prévision 2025), le bâtiment pouvait perdre environ 50 000 postes en 2025, soit 4 % de ses effectifs, avant un rebond espéré en 2026. Cette prévision traduit l’impact emploi du ralentissement, au-delà des seules défaillances. Elle rejoint le constat général : le secteur traverse une zone basse de cycle, dont les chiffres 2025 d’Altares suggèrent qu’il pourrait sortir avant le reste de l’économie.
Les grandes tendances 2026
Mis bout à bout, ces chiffres dessinent quatre dynamiques majeures pour les défaillances d’entreprises du BTP à l’horizon 2026.
Un volume national record, mais une construction qui revient à la normale plutôt qu’elle ne sombre. La donnée la plus citée, la hausse à deux chiffres des défaillances de la construction, doit se lire avec la nuance officielle de la Banque de France : ce niveau ne dépasse que de très peu la moyenne décennale d’avant-Covid. Les années précédentes étaient artificiellement basses, soutenues par les aides publiques et les reports de procédures. Le bond apparent traduit donc surtout un retour à un régime de défaillances normal, par le haut. C’est moins spectaculaire que les pourcentages bruts, mais plus fidèle à la réalité du terrain.
Une crise qui remonte des plus petites structures vers les plus grosses. Les micro-entreprises restent de loin les plus nombreuses parmi les défauts, ce qui concerne directement le BTP et sa population d’auto-entrepreneurs. Mais la nouveauté de 2024, soulignée par BPCE L’Observatoire comme par Altares, est la montée des défaillances de PME, d’ETI et d’entreprises de plus de 50 salariés. Quand une entreprise structurée tombe, elle emporte des emplois et des sous-traitants. Pour un artisan, la défaillance d’un donneur d’ordre de taille moyenne est souvent plus dangereuse que celle d’un confrère isolé.
Une géographie sectorielle mouvante, qui se déplace du gros œuvre vers le second œuvre. En 2024, le gros œuvre et la maçonnerie résistaient mieux que la finition. En 2025, la tendance s’inverse selon Altares : les métiers de structure s’améliorent quand le second œuvre repart à la hausse, pénalisant la peinture, la vitrerie et la menuiserie. La promotion immobilière, sinistrée en 2024, reste le point de vigilance amont, car sa défaillance laisse des chantiers à l’arrêt et des artisans impayés. La cartographie du risque change vite, métier par métier.
Un BTP qui sort de la zone basse avant le reste de l’économie. C’est le signal le plus encourageant des chiffres 2025 : alors que le total national frôle les 70 000 défaillances, le BTP et l’immobilier reculent de 3,2 % sur l’année selon Altares. Le secteur, entré tôt dans la crise avec la chute du neuf, pourrait en sortir tôt également. Reste que la trésorerie demeure tendue, comme le montrent les indicateurs de la CAPEB, et que la FFB anticipait encore des pertes d’emplois en 2025. La prudence financière, le suivi des délais de paiement et une couverture d’assurance à jour restent les meilleurs garde-fous pour un artisan.
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FAQ : défaillances d’entreprises du BTP
Combien d’entreprises font défaut dans le BTP chaque année ?
Selon Altares, le BTP a concentré environ 18 000 procédures de défaillance en 2024, soit près d’un quart des défauts d’entreprises en France. La Banque de France, référence officielle, mesure pour sa part une hausse de 24,8 % des défaillances dans la construction sur l’année 2024. Le secteur reste l’un des plus exposés, mais ce niveau ne dépasse que de 0,4 % sa moyenne 2010-2019.
Le BTP est-il plus touché par les défaillances que les autres secteurs ?
Oui en volume. Selon Altares, la construction concentre environ un quart des défaillances françaises, le poids le plus élevé de tous les secteurs. Selon BPCE L’Observatoire, la construction représente 19 % des emplois menacés par les défaillances de 2024, à égalité avec les services aux entreprises. Mais en intensité relative, la Banque de France note que la construction ne dépasse que de 0,4 % sa moyenne décennale 2010-2019.
Quels sous-secteurs du BTP souffrent le plus ?
Selon Altares, en 2024 le gros œuvre et la maçonnerie ont le mieux résisté (+3 % chacun), tandis que la construction de maisons individuelles (+8 %), le second œuvre (+12 %) et les travaux publics (+16 %) se sont dégradés plus vite. La promotion immobilière a explosé à +266 %, sous-secteur le plus sinistré. En 2025, la tendance s’inverse selon Altares : le gros œuvre recule mais le second œuvre déraille de nouveau (+8 % au quatrième trimestre).
Combien d’emplois sont menacés par les défaillances d’entreprises ?
Selon Altares, plus de 256 000 emplois étaient menacés par les défaillances ouvertes en 2024, un niveau record. BPCE L’Observatoire évalue de son côté à 260 000 les emplois exposés, soit 41 % de plus qu’en 2019. La construction concentre à elle seule 19 % de ces emplois menacés selon BPCE.
Quelle est la tendance des défaillances dans le BTP en 2025 ?
À rebours du record national, le BTP résiste mieux que l’ensemble de l’économie en 2025. Selon Altares, les défaillances BTP et immobilier reculent de 3,2 % sur l’année, alors que le total France atteint 69 957 procédures, un quasi-record. Le BTP représente encore environ 25 % des défaillances. Les disparités restent fortes : le gros œuvre et la maçonnerie s’améliorent, mais le second œuvre se dégrade à nouveau.
Sources officielles
Les données de cette page proviennent des institutions et observatoires suivants :
- Banque de France : Stat Info Défaillances d’entreprises (chiffres officiels, dont la construction +24,8 % et +0,4 % vs moyenne 2010-2019).
- DGE : Direction générale des entreprises (répartition par taille, 60 355 micro-entreprises / 32 000 avec salarié).
- Altares : observatoire privé des défaillances (bilans 2024 et 2025, détail par sous-secteur, emplois menacés, chiffre d’affaires).
- BPCE L’Observatoire : étude défaillances (PME-ETI, emplois exposés, part de la construction).
- CAPEB : Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (trésorerie, délais de paiement).
- FFB : Fédération Française du Bâtiment (prévision d’emplois menacés).
Données publiques, à jour de juin 2026. Les chiffres officiels sont ceux de la Banque de France et de la DGE ; les autres sont attribués à leur émetteur (Altares, BPCE L’Observatoire, CAPEB, FFB) et ne constituent pas des statistiques officielles. Vous pouvez réutiliser ces chiffres en citant ArtisanAssuré.fr avec un lien vers cette page. Ce document est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en assurance personnalisé.